[./etroite_collaboration_chap_2_1pag.html]
''Etroite collaboration'' by Ariesnomu / Mu Saga 4 ever (juillet 2008) Chapitre 1 : Collaboration forcée Un silence de stupéfaction accueillit la nouvelle, qui était tombée comme un couperet. Les treize chevaliers d'or se tenaient agenouillés, tête baissée en signe de respect, tous revêtus à l'exception de Kanon de leur étincelante armure d'or devant leur déesse vénérée, debout face à eux et tenant son sceptre aux côtés de son grand Pope retrouvé et rajeuni depuis la fin de la guerre contre Hadès. Avaient-ils bien entendu ? Athéna venait-elle bien de leur annoncer la venue prochaine d'un des trois Juges des Enfers au Sanctuaire ? Une nouvelle vie leur avait été accordée à tous sur injonction d'Athéna auprès de son père Zeus tout-puissant, étant sortie victorieuse de son affrontement contre Hadès qui lui avait déclaré la guerre, comme à l'accoutumée. En même temps, les dieux avaient décidé de rendre vie au corps originel du Dieu des morts pour qu'il puisse reprendre son rôle premier, qui était d'accueillir toutes les âmes des défunts, afin que celles-ci n'errent pas pour l'éternité parmi les humains en semant le trouble et le chaos sur Terre. De plus, Hadès devait protéger Elysion, qui était une des portes d'entrée vers l'Olympe. Car non seulement ce fut la première fois qu'un dieu avait été tué dans son corps originel, mais de plus, la destruction des Enfers et d'Elysion avait ouvert la voie vers l'Olympe par le jeu des dimensions, et il était hors de question de laisser grand ouvert ce passage vers la résidence des dieux suprêmes, il fallait à tout prix le protéger de tout ennemi potentiel, telles que d'autres divinités qui pouvaient ainsi être tentées de conquérir l'Olympe. Il avait été clairement établi que plus jamais les armées d'Athéna et de Hadès ne devraient s'affronter, sinon collaborer pour la sauvegarde de leurs royaumes respectifs contre toute menace extérieure et, en filigrane, la protection de l'Olympe. – Comme vous le savez – poursuivait Athéna – les Enfers sont en pleine reconstruction, ayant été totalement détruits au cours de la dernière guerre, et tout y a été perdu, notamment leur grande bibliothèque. Or, deux de leurs spectres originaires d'Egypte ont ressenti dans leurs cosmos des remous importants en provenance de leurs pays, où se trouve le Temple d'Isis et d'Osiris. Il est possible que les perturbations qu'ils ont perçues proviennent de ce lieu. Cependant, ce Temple est réputé pour être pacifique, au même titre que celui d'Odin au royaume d'Asgard, mais il n'a pas encore pu être localisé. A vrai dire, nous ignorons même si Isis et Osiris se sont déjà réincarnés. – Mais Déesse – risqua le chevalier du Cancer – pourquoi ne pas plutôt dépêcher une mission d'enquête en Egypte ? – Il serait plus sage d'allier d'abord nos connaissances avant d'envoyer une quelconque mission, d'enquête ou diplomatique. En l'occurrence, notre bibliothèque ayant été miraculeusement épargnée au cours de la dernière guerre sainte, elle renferme de précieuses informations recueillies au fil des siècles par les précédentes générations de chevaliers, ce qui n'est pas le cas du Temple sous-marin de Poséidon, resté inactif durant plus d'un millier d'années (1). Et Shion m'a confirmé qu'avant et après la précédente guerre sainte que lui et Dokho ont connue, aucun indice sur le Temple d'Isis et d'Osiris ou leurs réincarnations n'avait été découvert. – Déesse, si la bibliothèque de Hadès a été détruite et si la mémoire de ses spectres ne contient pas les informations de leurs précédentes vies, en quoi peut-il s'agir d'une collaboration entre nous et Hadès ? – interrogea à son tour le chevalier du Scorpion. – Les deux spectres égyptiens, Kagaho (2) et Pharaon, sont déjà partis enquêter sur place sur autorisation expresse de mon père, car vous savez qu'à l'issue de la guerre, il a été décidé qu'aucun spectre n'aurait le droit de retourner sur terre, sauf pour mener des investigations dont le but est de préserver notre sécurité à tous les trois, dieux grecs chargés de la protection de la planète, sur terre, sous terre et dans les mers. Ils n'ont retrouvé que quelques indices sybillins qu'ils n'ont pu déchiffrer, que Hadès souhaite recouper avec les informations que recèle notre grande bibliothèque du treizième temple. Pour cela, il a choisi de dépêcher un de ses Juges comme émissaire, Minos du Griffon, le seul spectre aussi à n'avoir pas péri de la main de l'un des nôtres... Athéna fit une courte pause, observant attentivement ses chevaliers, avant de poursuivre : – Minos se présentera en tenue civile, sans son surplis, et il sera parmi nous pendant plusieurs jours, le temps qu'il faudra pour qu'il puisse prendre copie de ce qui peut l'intéresser sur le sujet en cours. Il va de soi qu'il ne devra en aucun cas avoir accès aux autres données de la bibliothèques, qui demeurent confidentielles, notamment tout ce qui concerne le Sanctuaire, son organisation et ses habitants. Dans ces conditions, il devra constamment être accompagné par l'un de vous, qui devra tout à la fois le guider et le surveiller. Athéna tourna son visage lumineux et bienveillant vers le gardien de la première maison. – Mû, je te confie cette mission. Tu seras le premier à accueillir Minos du griffon puisque ton temple est le premier du Sanctuaire sur le chemin menant au treizième temple et à la bibliothèque, et je compte sur tes pouvoirs psychiques pour déceler le moindre dérapage du Juge. On ne sait jamais... Acceptes-tu cette mission ? – Oui, Athéna, j'accepte cette mission – répondit Mû en inclinant la tête en une courte mais respectueuse révérence. – Lorsque Minos se présentera à ton temple, conduis-le à moi pour que je puisse le recevoir, et ensuite, tu seras chargé de le mener à la grande bibliothèque et de l'accompagner partout où il ira. S'agissant d'un hôte de son rang, il ne sera pas convenant de le loger dans l'un des baraquements en bas des maisons zodiacales, et par mesure de sécurité, il ne serait pas sage de le loger au treizième temple ou trop près de celui-ci, aussi, je te demande également de l'héberger dans ton temple. – Il sera fait selon votre volonté, Déesse – répondit Mû. – Je vous demande à tous pendant cette période de ne quitter le Sanctuaire sous aucun prétexte et de revêtir vos armures d'or le jour où Minos arrivera. Ce ne sera pas indispensable par la suite puisqu'il sera en civil, mais restez toutefois vigilants. Les chevaliers acquiescèrent tous de la tête puis se retirèrent de la grande salle en silence, non sans échanger entre eux des regards qui en disaient long sur leur enthousiasme à accueillir si rapidement sur la terre sacrée de leur déesse vénérée un adversaire qui, quelques semaines auparavant encore, était un de leurs plus farouches ennemis. *** Mû se rendit à la grande bibliothèque pour effectuer une reconnaissance avec son ancien maître Shion, qui en connaissait tous les recoins mieux que quiconque au Sanctuaire. Ils mirent trois jours entiers en travaillant d'arrache-pied pour identifier tous les documents susceptibles de fournir des informations sur les temples et réincarnations égyptiennes et entreprirent d'en dresser un répertoire et de les classer à part en notant leur emplacement d'origine. Puis arriva le jour où Minos du griffon, Juge des Enfers, se présenta au Sanctuaire, vêtu d'une longue cape fermée d'une fibule recouvrant une tunique bordée de motifs nordiques à l'encolure et aux emmanchures et d'un long pantalon assorti. Il gravit les marches menant au premier temple, où Mû l'accueillit revêtu de son étincelante armure d'or, ainsi que l'avait demandé Athéna, puis le bélier le conduisit devant la Déesse, comme convenu, traversant toutes les maisons pour ce faire. Kanon avait été le seul chevalier d'or à avoir rencontré et affronté le Juge lors de la guerre sainte contre Hadès, il l'accueillit d'un regard glacial, recevant en retour un rictus amusé de Minos qui se souvenait parfaitement avoir fait mu-muse avec le gémeau après que son confrère Eaque l'eut mis à terre d'une illusion foudroyante. Leur échange court et silencieux fut chargé d'électricité, preuve que tout n'était pas encore oublié, mais à part cela, la traversée des douze temples se passa sans encombre, les autres chevaliers se contentant d'accorder poliment le passage de leur maison en observant le Juge avec circonspection. Ils n'avaient pas élevé les cochons ensemble et n'étaient guère enchantés d'accueillir sur leurs terres un ancien ennemi, qui-plus-est réputé pour sa cruauté et son sadisme au combat, Kanon en savait quelque chose. Mû toutefois tenta de le mettre à l'aise en arrivant à la bibliothèque, où il ôta son armure d'or, puis ensuite en l'installant pour la nuit dans son temple. Après tout, lui non plus ne devait pas être ravi de se trouver là, seul et sur le territoire des vainqueurs de surcroît, cible de tous les regards dont peu étaient remplis d'aménité et beaucoup étaient chargés d'une méfiance à peine voilée. Lui-même avait dû descendre seul aux Enfers quelques semaines auparavant pour récupérer les douze armures d'or sorties des décombres, et il avait été accueilli par Eaque du garuda, qui s'était montré très aimable et serviable avec lui. Peut-être que la proximité géographique du Népal avec le Tibet avait été un élément qui avait facilité les contacts. Toujours est-il qu'après avoir vérifié les armures d'or sur place pour s'assurer qu'il n'en manquait aucun morceau, il s'était rendu compte que celle des gémeaux était incomplète, il manquait plusieurs débris et Eaque l'avait fort gentiment guidé aux Enfers et aidé à retrouver les infimes morceaux manquants, là où Kanon s'était manifestement expliqué avec Rhadamanthe avant de renvoyer l'armure à son frère devant le Mur des lamentations. Il se devait à son tour de faire preuve d'un minimum d'hospitalité envers le Juge qu'il était à présent chargé d'accueillir, tout en gardant à 'esprit les instructions d'Athéna, qui n'étaient cependant pas incompatibles avec le devoir d'hospitalité. *** Minos avait été agréablement surpris. Il n'était guère enthousiaste à l'idée de devoir quémander l'aide du Sanctuaire et si ce n'était par amour-propre, regrettait presque de ne pas avoir été pulvérisé par un des chevaliers d'Athéna comme ses deux confrères, pour ne pas avoir à être présentement l'émissaire de son Seigneur et Maître, dans cette mission qu'il trouvait humiliante. Mais finalement, même si l'accueil des chevaliers d'or avait été plutôt froid, Athéna l'avait reçu très dignement et ne s'était pas du tout montrée condescendante ni infantile comme il l'avait imaginé, et il avait pu avoir accès comme convenu à la bibliothèque où les documents qu'il était chargé d'étudier et de prendre en copie avaient été préparés, facilitant les recherches. Et puis, il avait un hôte des plus charmants et agréables, certes discret et réservé, mais avenant, le seul qui s'était montré accueillant, au demeurant. Et... il ne le laissait pas indifférent... En fait, le bélier lui avait immédiatement tapé dans l'oeil. Il faut dire qu'il avait un physique peu commun, rehaussé par une couleur d'yeux et de cheveux pour le moins inhabituelle, avec ses grands yeux en amande tout violets et cette longue chevelure mauve claire, sans parler de ces deux petits points rouges sur le front à la place des sourcils, dont l'absence lui conférait un regard étrange, énigmatique et presque surnaturel, à la fois très doux et très pénétrant, calme et apaisant, rehaussé par la sérénité absolue qui émanait de lui. De plus, il avait des traits fins d'une grande beauté et beaucoup d'allure, un port noble et élégant et une silhouette svelte, ainsi qu'une démarche souple pleine de grâce et des gestes déliés qui lui faisaient suivre chacun de ses mouvements comme s'il en était hypnotisé. Et puis, sa voix était d'une douceur incroyable, calme et éthérée, presque irréelle, il parlait d'une façon très posée et apaisante qui invitait véritablement à la relaxation et le fait qu'il soit un Atlante ne pouvait qu'ajouter au charisme énigmatique qui se dégageait de lui. L'esprit tordu du griffon commença à vagabonder en imaginant plein de choses et à se poser des questions sur les goûts et pratiques de ces fameux Atlantes, notamment par rapport à leurs étonnants pouvoirs psychiques qui pouvaient leur permettre de manipuler les corps à bien des niveaux... Amateur de sensations et de nouvelles expériences, pas piqué des hannetons et loin d'être farouche en la matière, il était très curieux de savoir jusqu'à quel point ces pouvoirs Atlantes pouvaient trouver une application dans l'intimité, se promettant de creuser la question sur des points très précis dès que possible et espérant les mettre en pratique assez rapidement... Sans compter que le bélier était un signe de feu et il brûlait de savoir si sous le calme apparent dont il ne se départissait jamais, le jeune Atlante faisait honneur à l'incandescence éponyme de son signe dans l'intimité... Etant lui-même bélier, du mois de mars de surcroît tout comme Mû, à deux jours près, il était plutôt bien placé pour savoir combien un natif de ce signe pouvait être bouillonnant et fougueux au lit. Oui, Mû était quelqu'un de calme et très réfléchi, totalement maître de ses émotions et il avait des manières douces et posées, ce qui était plutôt surprenant pour un signe de feu tel que le bélier, signe zodiacal plutôt réputé pour son impulsivité flamboyante, et ce à tous points de vue. C'était probalement dû à ses origines atlantes... Il sourit à l'idée de voir la passion se déchaîner sur son visage si serein et ses jolis traits. Il fantasmait déjà tout éveillé en l'imaginant être une bombe explosive au lit et se tordre de plaisir en réclamant davantage de son partenaire en hurlant, puis lui rendre la pareille tout aussi vigoureusement et ardemment... Le griffon eut un sourire carnassier et un regard à peine moins lubrique. Oui, ce jeune homme était fort intéressant à bien des égards et il avait la ferme intention de joindre l'utile à l'agréable. Et puis, la longue silhouette élancée du bélier et la forme et le tombé de sa longue chevelure lisse n'étaient pas sans lui rappeler son bon ami et compatriote Rune du Balrog, avec qui il passait plus que du bon temps, et dieu savait s'il était doté d'un tempérament de feu, et pas seulement avec son fouet... Il fut tout heureux lorsque Athéna en personne lui annonça qu'il serait chaperonné par le chevalier du bélier durant tout son séjour au Sanctuaire. Il dormirait même dans son temple... Il n'en espérait pas tant... Sans compter que le bélier avait tout fait pour le mettre à l'aise à la bibliothèque. Il décida de tenter une première approche prudente, histoire de tâter le terrain et de mettre toutes les chances de son côté. Et quelle meilleure occasion que le dîner du premier soir pour lier connaissance ? Ils avaient travaillé dur toute la journée, cette pause était la bienvenue, l'occasion idéale de discuter d'autre chose que de travail et de mieux cerner la personnalité du bélier. En revenant de la bibliothèque, Mû lui avait montré la salle de bains, les commodités et la chambre qu'il allait occuper, simple mais confortable et dotée d'un grand lit. Minos prit une douche rapide et choisit de troquer son ample tunique pour un T-shirt sans manche très moulant particulièrement seyant, qui mettait indiscutablement en valeur son magnifique torse à la musculature parfaite que l'on devinait aisément sous le tissu serré, l'arrondi poli de ses belles épaules musclées et de ses bras ciselés ressortant également de fort belle manière. Il se dirigea ensuite vers la cuisine pour proposer son aide au bélier qui s'activait déjà à préparer un copieux repas froid. Lui aussi s'était changé et portait une autre tunique ample et confortable, apparemment de type atlante à en juger par les nombreux plis compliqués qui la composaient et qui ne laissait rien entrevoir malheureusement des trésors qu'elle semblait cacher bien jalousement, en dehors des longs bras au galbe ciselé. Pudique, le bélier ? Minos sourit en pensant à ce qu'il trouverait lorsque la tunique tomberait, qu'il pouvait deviner par intermittences au gré de ses mouvements ou lorsqu'un léger vent chaud entré par la fenêtre grande ouverte de la cuisine plaquait le tissu tout contre la silhouette svelte de l'Atlante. Après tout, c'était bien plus excitant ainsi, d'imaginer et de devoir patienter pour découvrir les yeux brillants la douce réalité révélée dans toute sa splendeur. Ce n'était pas aussi intéressant quand on savait d'avance tout ce que l'on va rencontrer. Il aimait les challenges et quelque chose lui disait qu'il serait peut-être bien le premier à s'aventurer sur un territoire encore inviolé.... Mais sa première surprise fut de découvrir que Mû avait fait venir des spécialités norvégiennes parmi les meilleures, pour lui, et il en fut sincèrement touché. Mû était véritablement une crème de douceur et de gentillesse. En l'entendant entrer, Mû releva la tête vers lui en souriant et eut un regard surpris devant sa tenue pour le moins sexy, mais ne laissa voir aucune autre émotion et ne fit aucun commentaire, reprenant simplement son labeur avec application, l'invitant poliment à s'asseoir car le dîner était pratiquement prêt. Minos nota néanmoins avec satisfaction que Mû semblait apprécier son allure qui tranchait indéniablement avec celle plus austère qu'il avait affichée à son arrivée. Ils discutèrent tranquillement de choses et d'autres pendant le repas, essentiellement de leurs pays respectifs, de leurs coutumes et du climat bien sûr, si différent de celui de la Grèce. Leur conversation se prolongea ensuite quelques instants dans le salon puis Mû prit congé de son hôte, lui laissant son intimité et se retirant dans sa propre chambre qu'il désigna au griffon en lui disant qu'il pouvait venir à toute heure s'il avait besoin de quoi que ce soit. Minos le remercia, un peu déçu que la soirée se terminât si tôt, mais il en profita pour contacter Eaque afin de lui rendre compte de sa journée au moyen d'une radio, car il avait été convenu qu'il pourrait contacter le Royaume souterrain par cette voie en fin de journée et pour une durée limitée. Mais en soirée lui vint une idée. Il faisait horriblement chaud et malgré la relative fraîcheur que les épais murs de pierre du Temple pouvaient procurer, la température restait encore trop élevée pour lui qui était habitué aux rigueurs des hivers norvégiens. C'était une approche un peu directe, mais... après tout... Il se leva et alla toquer à la porte de la chambre du bélier qui apparut aussitôt, il ne dormait pas encore et portait sa tenue atlante ample et confortable. – Pardon Mû, mais je me demandais... Est-ce que vous vous baignez ici ? Je veux dire... L'île est entourée de falaises mais aussi de plages, non ? – Oui, c'est exact... – Est-ce que je pourrais m'y baigner, car le climat est vraiment trop chaud pour moi, ici... Mû réfléchit rapidement, comprenant la gêne du griffon et compatissant sincèrement; Ce n'était pas vraiment prévu au programme, mais cela ne représentait pas non plus une menace pour le Sanctuaire. – Oui, je pense que cela ne posera pas de problème. Tu préfères le matin ou l'après-midi ? On organisera la journée de travail en conséquence. – A vrai dire, je pensais plutôt à maintenant... La chaleur m'empêche de trouver le sommeil et j'aimerais me rafraîchir avec un bon bain tonique. Une douche froide, ce n'est pas pareil, je viens encore d'essayer... Le bélier le dévisagea, un peu surpris, mais après tout... Lui-même avait eu besoin de plusieurs jours pour s'acclimater à la chaleur étouffante de la Grèce lorsqu'il était arrivé au Sanctuaire la toute première fois. Il lui fit un signe de tête affirmatif et se dirigea vers un placard. – D'accord, je prends une serviette de bain. – Merci, Mû... Une seule serviette ? – pensa Minos – Dommage... Mais il sourit. Il savait que Mû devrait l'accompagner et l'attendre tout le temps que durerait son bain. Il pourrait ainsi pleinement profiter du spectacle... Mû le conduisit à une petite plage toute proche. Elle était déserte et seul le léger clapotis régulier de quelques vaguelettes venant s'échouer sur la grève venait rompre le silence ambiant de cette nuit calme et claire. – Voilà, tu peux te baigner en toute sécurité ici, il n'y a pas de courant... – annonça Mû en s'arrêtant en retrait de la mer et en posant sur le sable la serviette pliée qu'il portait. – Merci, Mû... Minos commença à se dévêtir, ôtant son T-shirt moulant pour révéler son splendide torse au clair de lune et aux étoiles, et remarquant que le bélier s'asseyait en faisant face à la mer, il lui demanda : – Tu ne viens pas te baigner ? – Non, merci. Mais ne t'inquiète pas, prends tout le temps que tu voudras. Je trouverai à m'occuper en attendant, la nuit est claire, idéale pour observer les étoiles... – répondit Mû. Minos plia son T-shirt et le déposa naturellement sur le sable à côté de la serviette, près du bélier, mine de rien, puis planté près de lui en lui tournant le dos, il ôta son pantalon en jouant légèrement des hanches, le plia et le déposa sur son T-shirt, puis observant Mû du coin de l'oeil, il fit ensuite doucement glisser son boxer et se tourna vers lui en souriant, sans aucune gêne. – Ca ne te dérange pas, j'espère ? Je n'avais pas prévu de me baigner en venant au Sanctuaire et n'ai pas pris de maillot de bain avec moi... – expliqua-t-il innocemment, notant avec amusement le regard surpris du bélier qui détourna rapidement les yeux, gêné. – Euh, non... Je comprends – bredouilla Mû, pris au dépourvu par ce côté très nature du griffon – Hmmmm... Si tu veux, demain, on ira à Rodorio pour que tu puisses choisir un maillot de bain ? – ajouta-t-il sans le regarder. – Ce serait parfait ! J'ai hâte d'y être ! Bon, en attendant, j'y vais... Rien de tel qu'un bon bain de minuit pour fouetter la circulation sanguine et tonifier le corps ! Tu es sûr que tu ne veux pas venir ? – Non, merci, je suis acclimaté ici, depuis le temps... – répondit Mû en le regardant dans les yeux. Minos lui lança un sourire vaincu mais charmeur et s'éloigna en direction de la mer de sa démarche féline et assurée, offrant une vue splendide sur ses impeccables fessiers musclés resplendissants sous les rayons caressants de la lune et ses longues jambes puissantes autant que ciselées, sa longue chevelure argentée s'arrêtant juste à la naissance de ses reins. Il jeta un dernier regard vers le bélier en arrivant au bord puis entra dans l'eau. Celle-ci était encore trop chaude pour lui qui était habitué à se baigner dans les eaux glaciales des fjords même en hiver et des lacs glacés des montagnes, mais compte tenu de la température ambiante, elle était malgré tout bien rafraîchissante et il prit plaisir à y plonger et à y nager. Jamais il n'aurait imaginé qu'il se baignerait sur une plage du Sanctuaire, nu et au clair de lune sous le regard vigilant d'un des plus fidèles serviteurs d'Athéna de surcroît. Comme quoi la vie était vraiment pleine de surprises... Dommage que ledit serviteur n'ait pas voulu l'accompagner, mais qui sait, demain, peut-être... Mû restait assis sur le sable, observant les étoiles tout en gardant un oeil sur le griffon de temps en temps. C'était quand même bien étrange de se trouver là, en pleine nuit, à chaperonner un ancien ennemi, rien moins qu'un Juge des Enfers qui prenait un bain dans le plus simple appareil sur le territoire sacré d'Athéna. S'il s'était attendu à ça... Il était encore sidéré par la déconcertante facilité avec laquelle le griffon s'était entièrement dévêtu devant lui, comme si c'était quelque chose de naturel de se dénuder devant un inconnu, ou comme s'ils se connaissaient depuis longtemps. Lui qui était si pudique et ne portait rien qui puisse révéler quoi que ce soit de sa silhouette... Mais il devait reconnaître que la tenue serrée du griffon était des plus seyantes et que le corps athlétique sous ladite tenue était des plus harmonieux... Il l'observa s'ébattre tranquillement dans l'eau. C'est vrai qu'il se serait bien baigné lui aussi, même s'il était largement habitué à la chaleur hellène depuis, mais... Non, pas avec un inconnu, tout de même, et dans le plus simple appareil, en plus ! Non... Puis au bout d'un quart d'heure, Minos commença à se rapprocher du bord en s'avançant face à lui, jouant négligemment des hanches et de ses superbes épaules musclées, ses longs cheveux argentés rejetés en arrière pour mieux dévoiler son magnifique torse tout ruisselant perlé d'eau, ses puissants pectoraux luisants et ses splendides abdominaux sculptés brillant de somptueux reflets argentés d'une surnaturelle beauté, rehaussée par l'éclat des gouttelettes cristallines qui scintillaient comme des diamants. Il ressemblait à une apparition divine des plus saisissantes, tel Apollon sortant des eaux sous le regard bienveillant de sa soeur la lune, dont les délicats rayons éclairaient son corps majestueux en jouant avec les lignes parfaites et les rondeurs des muscles saillants de son torse et de ses bras ciselés. Mais à peine fut-il sorti de l'eau que la grande serviette de bain que Mû avait apportée apparut devant lui, cachant sa sculpturale nudité à tout regard indiscret. Fûté, le bélier... Minos sourit, mais il n'allait pas s'avouer vaincu pour autant si facilement, il saisit la serviette et s'enveloppa avec puis marcha tranquillement jusqu'à la hauteur de Mû où se trouvaient ses vêtements, et seulement alors commença à se frictionner, en entrouvrant savamment les pans du drap de bain sur son anatomie, l'air de rien, s'étirant comme un chat et s'ébrouant nonchalamment. – Pratiques, tes pouvoirs... – commenta Minos. Mû se contenta de sourire. – Merci beaucoup, Mû. Ca m'a fait un bien fou, je crois que je vais enfin pouvoir dormir... Je n'ai pas été trop long ? – Non, pas du tout – répondit simplement le bélier. – Je ne m'étais pas baigné au clair de lune depuis une éternité... En fait, je n'ai pas eu l'occasion d'admirer le ciel étoilé depuis longtemps – ajouta pensivement le griffon. – Vous n'avez pas moyen de voir les étoiles depuis les Enfers ? Il me semblait pourtant y avoir vu une voûte céleste... – Oui, c'est vrai, mais ce n'est pas pareil... Ce n'est qu'un reflet de la réalité, un miroir... Ils observèrent ensemble les étoiles, cherchant leurs constellations respectives puis Minos se rhabilla et ils remontèrent en discutant tranquillement, admirant les étoiles tout en marchant, ce qui fit que le griffon trébucha deux fois et se rattrapa de justesse en se cramponnant au corps délicieusement ferme du bélier. Celui-ci se raidit, surpris par la maladresse et l'étourderie du griffon mais il finit par sourire devant la mine contrite du Norvégien qui se confondait en excuses et finalement, ils rirent tous les deux en échangeant un regard presque complice. Ils rentrèrent et chacun regagna sagement sa chambre pour une bonne nuit de sommeil. *** Le lendemain matin, Minos eut une nouvelle surprise, celle de trouver du lait caillé et du petit lait au petit-déjeuner, ce dont il raffolait en bon Norvégien qu'il était. Mû s'était vraiment bien renseigné et avait pensé à tout, ou presque. Il ne manquait qu'une seule chose, assez spéciale, à dire vrai, mais il se promit d'y remédier personnellement pour les prochains jours, tandis qu'il observait pensivement le bélier déguster son fromage de lait de yack et son thé au beurre. Mais il lui faudrait pour cela demander l'aide de son ami Eaque, ce soir... Puis ils montèrent à nouveau à la bibliothèque pour poursuivre leurs recherches et Minos ne passa pas inaperçu durant leur montée et la traversée des douze temples, attirant à nouveau tous les regards mais cette fois, ceux-ci avaient perdu toute leur froideur et s'écarquillaient de stupeur, interdits d'admiration en le voyant. L'ayant vu arriver la veille vêtu d'une ample tunique austère et recouvert d'une longue cape, les chevaliers d'or le découvraient ce matin-là portant un T-shirt sans manche très près du corps et un pantalon tout aussi serré moulant ses jambes galbées comme une seconde peau, qui faisaient sur lui autant d'effet ou presque que pouvait avoir la fameuse et mythique ceinture de la déesse Aphrodite, le rendant irrésistible à tout regard ou presque posé sur sa longiligne et élégante silhouette. De plus, il se tenait plutôt près du bélier qui essayait poliment de rétablir l'espace entre eux mais Minos trouvait toujours un prétexte ou un moyen pour se rapprocher systématiquement du bel Atlante en lui adressant des petits regards complices, quand ce n'étaient pas carrément des clins d'oeil, le tout couronné par un sourire quasiment enjôleur, si bien que Mû se demanda si c'était le lait caillé ou la chaleur déjà étouffante qui provoquait cet étrange comportement chez le griffon. Ils formaient un étrange tableau, tous les deux, lui vêtu sagement de son habituelle tenue atlante, ample et couvrante, et le Juge dans ses vêtements très sexys tellement serrés qu'ils le dénudaient plus qu'ils l'habillaient. Quelques chevaliers d'or commencèrent à jaser mais ils n'étaient pas au bout de leurs surprises car répondant à une question insidieuse de l'un d'eux, Minos expliqua sans détour qu'il supportait difficilement le climat de la Grèce, bien trop chaud à son gôut, et s'ils avaient été saisis par la soudaine métamorphose vestimentaire du griffon, ils le furent plus encore en apprenant de la bouche de celui-ci que la veille, il avait pris un bain de minuit dans les règles de l'art, à savoir dans le plus simple appareil, sous le regard attentif de son chaperon, ce qui ne manqua pas de mettre le bélier mal à l'aise. Bien entendu, la nouvelle du bain de minuit de Minos fit le tour du Sanctuaire quasiment à la vitesse de la lumière, faisant gloser furieusement et provoquant des envieux, curieux d'admirer en tenue d'Adam le beau Norvégien dont le T-shirt moulant et le pantalon étroit ne laissaient rien à l'imagination, rehaussant bien au contraire sa longue silhouette élancée et mettant en valeur sa musculature parfaite. – Et bien, c'est qu'il s'amuse bien, notre bélier, sous ses airs de ne pas y toucher ! Je me demande bien ce qu'ils font la nuit dans le temple... – Et toute la journée à la bibliothèque... – Ca vaudrait la peine de monter voir, l'air de rien... – Sauf que si c'est toi qui y vas, ça va paraître suspect...! – Je ne sais pas ce que je donnerai pour être une petite souris et pouvoir me faufiler là-haut... – C'est qu'il va nous le dévergonder, notre chaste bélier ! Un grand éclat de rire accueillit ces dernières remarques. C'est que le comportement et l'allure du griffon provoquaient une certaine curiosité, déliant allègrement les langues et les commentaires allaient bon train dans les arènes au cours de l'entraînement du matin, pendant que Mû assistait son hôte des Enfers à la bibliothèque. Mais un chevalier ne riait pas, ce qui ne surprit pas outre mesure ses compagnons car il était habituellement d'humeur morose, de toute façon et se tenait toujours un peu à l'écart. Mais ce matin-là, il affichait une mine encore plus sombre qu'à l'accoutumée. Il était rentré tard la nuit dernière, comme d'habitude et avait très mal dormi, le sommeil agité et gâché par une très forte contrariété. Pourtant, tout s'était présenté sous les meilleurs auspices la veille alors qu'il revenait de sa petite crique préférée. La nuit était claire, belle et fraîche. Il avait longuement réfléchi à ce que son frère lui avait conseillé en contemplant les étoiles. Et il se sentait enfin prêt. Oui, il se sentait mieux dans sa tête. Oui, il avait fini par accepter le passé pour ce qu'il était. Oui, il fallait aller de l'avant, laisser ces souvenirs funestes et toutes ces souffrances derrière lui pour se reconstruire, car oui, lui aussi avait droit au bonheur. Non, il ne pouvait pas effacer ce qu'il avait fait. Non, il ne pouvait revenir dessus, oui, il devrait vivre avec. Oui, il allait vivre avec. Il entrevoyait enfin le bout du tunnel. Il avait si longtemps craint de ne pas être capable de vivre comme si le passé n'avait jamais existé et avait tant redouté le regard des autres. Pourtant, dès leur retour à la vie, ses compagnons d'armes avaient tout fait pour le mettre à l'aise, faisant table rase du passé, ayant parfaitement compris qu'il n'avait pas été responsable de ses actes et qu'il avait probablement souffert plus que tout autre, d'assister impuissant à ses propres crimes qu'il ne pouvait empêcher malgré toute sa volonté. Oui, tous lui avaient pardonné. Sauf lui. Il n'arrivait pas à se pardonner à lui-même et se retranchait dans une solitude et un mutisme obstinés qui finalement le minaient autant que sa double personnalité d'antan. Mais enfin, il l'avait accepté. Il avait déjà renoué avec son frère et tous deux avaient rapidement retrouvé la complicité de leur enfance, il ne lui manquait plus que de retisser les liens qui l'avaient uni à ses autres frères d'armes, avant la tragédie. Il revenait de sa plage préférée l'esprit dégagé et le coeur plus léger, enfin débarrassé de ses démons et résolu à se rapprocher de ses compagnons d'armes, à faire enfin ce premier pas tant redouté. Tout particulièrement vers l'un d'eux, s'il en trouvait le courage, car il le fuyait pratiquement comme la peste depuis leur résurrection. Et pourtant...C'était précisément celui qui faisait battre son coeur... Il rentrait tranquillement en marchant le long de la falaise bordant la côte, comme à l'accoutumée, dans la nuit calme et silencieuse, le seul bruissement des vagues s'échouant sur la grève venant rompre l'air dans un doux murmure berçant et régulier. La lune brillait haut et clair face à lui en se reflétant parfaitement dans les eaux sombres et semblait lui sourire jusque dans ses reflets à l'horizon. Puis il aperçut bientôt au loin une forme qui se mouvait avec agilité dans les flots et une silhouette assise sur le sable face à la mer. Surpris, il ralentit son pas et observa la scène. Il reconnut la longue chevelure mauve du bélier ainsi que son cosmos doux et apaisant et la crinière argentée du griffon dans les eaux. Il vit alors le Juge des Enfers se rapprocher de la grève en se déhanchant légèrement et eut la surprise de constater qu'il était dans le plus simple appareil, faisant face au bélier qui attendait sagement sur le sable, habillé de sa tenue atlante. Une serviette apparut soudain devant le griffon, cachant son anatomie à toute vue, et il vit comment le Norvégien se dandinait pratiquement en se rapprochant du bélier, négligemment enveloppé dans la serviette et comment il commença à écarter les pans de celle-ci pour s'essuyer à côté de l'Atlante, dévoilant son anatomie sans aucune gêne. Une sourde colère gronda alors en lui. En voilà bien des manières ! Il savait les Scandinaves assez libérés sur les choses de la nudité mais... Rêvait-il ou le griffon était-il en train de faire de l'oeil au bélier ? Et ensuite, il trébucha par deux fois, se retenant comme par hasard en agrippant le jeune Atlante et manquant presque de l'entraîner avec lui dans sa chute. Puis ils s'étaient mis à rire tous les deux comme s'ils étaient de vieux amis et étaient rentrés dans le temple du bélier... Le bélier était-il en train de fricoter avec l'ennemi ? Cela l'avait fortement contrarié, à un point qu'il n'aurait soupçonné et il en avait très peu dormi. Il avait bien vu le manège du griffon la veille au soir sur la plage, et ce matin il le trouvait dans une tenue moulante qui frisait l'indécence et il avait observé comme il se tenait pratiquement collé à Mû en lui décochant des oeillades à tout va et un sourire des plus charmeurs. Cette situation ne lui plaisait guère et c'était peu dire. Que cherchait donc le griffon ? Essayait-il de pervertir un représentant de l'élite d'Athéna, le plus pur parmi eux, de surcroît ? Et qui se croyait-il pour se permettre un tel comportement et une telle familiarité en si peu de temps ? Non, Saga n'avait aucune envie de rire ce matin et ce n'étaient pas les commentaires désobligeants de ses confrères sur le chevalier du bélier qui allaient améliorer son humeur. Pendant toute la montée des escaliers qu'il avait pu observer depuis le parvis de son temple, il avait attentivement suivi le Juge des Enfers d'un regard irrité qui allait croissant et en disait long sur ce qu'il en pensait, laissant clairement entrevoir qu'il allait le surveiller de près. *** Chapitre suivant : ''Ambiances'' ici ! ;) Si vous souhaitez laisser un commentaire, c’est ici : Nota : (1) : cf tome 18 du manga (2) : de ''Lost canvas'' si vous connaissez (manga en cours retraçant la précédente guerre sainte de 1743)
[Web Creator] [LMSOFT]