''Etroite collaboration'' by Ariesnomu / Mu Saga 4 ever (avril 2009)
Chapitre bonus : Retour aux Enfers
Minos, Pharaon et Kagaho rentrèrent tous les trois aux Enfers.
Minos était rassuré, il ramenait le bénou en un seul morceau, c'était Eaque qui serait content et surtout soulagé. C'est que le garuda s'inquiétait comme une mère-poule pour son jeune ami ! Il pensa tristement à son collègue qui avait quelqu'un, lui, et au bélier qu'il n'avait pas réussi à séduire durant tout son séjour au Sanctuaire, et encore moins en Egypte. Il n'avait même pas osé fricoter avec des protecteurs du Temple d'Isis et Osiris pour se consoler et passer le temps. Quant à Kagaho, il ne devait même pas y penser. Eaque lui avait bien demandé de veiller sur lui mais pas de cette façon et Minos n'avait aucune envie de se faire atomiser d'un garuda flap s'il s'était avisé de toucher au protégé de son puissant collègue. Et Pharaon, à qui il avait déjà goûté, était pris désormais et n'aurait pas accepté de jouer son jeu...
Il réalisa soudainement qu'il avait passé neuf jours et neuf nuits de totale abstinence. Par Hadès, cela ne lui était jamais arrivé ! Il se demanda brièvement comment il avait pu survivre à une telle hérésie, et il escomptait bien se rattraper en rentrant. Il irait visiter Rune dès qu'il aurait terminé de rendre compte de la mission à Pandore. Premièrement pour s'entretenir des affaires courantes et en prendre la suite. Retour en somme à l'ennuyeuse routine, pensa-t-il avec un soupir blasé... Et deuxièmement pour des affaires plus... intimes et agréables. Routinières elles aussi mais ô combien essentielles et autrement plus ludiques...
Il songea soudainement qu'il était heureux de revoir son procureur, réalisant qu'il lui avait manqué. Il ne s'était jamais absenté aussi longtemps, même du temps précédant la guerre sainte entre Hadès et Athéna. Il était parti de temps en temps en missions de reconnaissance sur terre pour des cas très particuliers que de simples spectres ne pouvaient régler, mais c'était très rarement arrivé.
Il se rappela sa conversation avec Eaque, qui lui avait dit que Rune s'inquiétait pour lui. Sur le moment, cette idée l'avait fait sourire, et même rire, mais il se rendit compte tout à coup que cela lui donnait du baume au coeur. Pendant que lui essayait avec insouciance de séduire un jeune et bel Atlante indifférent à tous ses charmes, et qui avait fini par repousser gentiment ses avances, son procureur s'était inquiété pour lui. L'idée le remua et le travailla davantage qu'il voulait le reconnaître, le laissant quelque peu perplexe... Il ne s'était jamais attaché à personne, jusqu'à présent, se contentant de prendre du bon temps avec qui il voulait quand il le voulait. Bien sûr, il revenait toujours à Rune, mais... Ce n'était qu'une passade entre eux, ils le savaient tous les deux... Non ?
Ses pensées furent interrompues en apercevant une longue silhouette au loin qui leur faisait signe.
C'était Eaque qui les accueillait à leur arrivée aux Enfers.
Il se tenait debout sur la rive, en haut des marches, dans toute la splendeur de son imposante stature, grand et majestueux comme toujours, superbe et élégant dans sa tenue civile, simple mais qui le mettait magnifiquement en valeur : un T-shirt sans manche qui moulait splendidement son torse puissant et dévoilait ses somptueuses épaules, ainsi que la musculature parfaite de ses bras ciselés, avec un pantalon assorti qui galbait tout aussi joliment ses longues jambes puissantes et fuselées. Ses magnifiques cheveux d'ébène aux reflets violacés ondoyaient avec légèreté sur ses épaules musclées, de longues mèches flottant doucement sur son visage devant ses grands yeux indigo au regard perçant.
Il n'était apparemment pas de permanence au Tribunal puisqu'il ne portait pas sa robe de Juge, et avait manifestement décidé de ne pas revêtir son surplis pour les accueillir, puisqu'eux-mêmes ne portaient pas les leurs.
Eaque leur adressa un geste de la main et un grand sourire en les apercevant, s'avançant vers eux, et son regard brilla en croisant celui de Kagaho. Le griffon sentit le jeune égyptien s'agiter légèrement à ses côtés, heureux et impatient de retrouver son Juge préféré, mais les deux tourtereaux savaient se tenir, se retenant de se précipiter l'un vers l'autre et attendant patiemment d'être face à face, où ils se contentèrent toutefois d'échanger un simple regard, qui en disait long cependant, réservant à plus tard les effusions de leurs retrouvailles. Minos se rendit compte que pour le garuda et son tendre bénou, il s'était agi de plusieurs semaines d'abstinence et il se dit que finalement, il avait eu bien plus de chance.
Il fit un rapide compte-rendu de la situation à Eaque, et ils montèrent tous les quatre au Palais pour se présenter devant Pandore, à qui les trois arrivants exposèrent un rapport détaillé de tout ce qui s'était passé. Puis chacun se retira avec empressement pour rejoindre ses quartiers.
Eaque cependant demanda à Kagaho de partir sans l'attendre et s'approcha de Minos, avec qui il souhaitait s'entretenir avant qu'il rejoignît ses appartements.
Il voulait lui parler de Rune.
***
– Rune sera ravi de te revoir ! Il va être soulagé, surtout. Il s'inquiétait beaucoup pour toi... – commença doucement Eaque en marchant aux côtés du griffon – Il a parfaitement assuré ton intérim, comme toujours, mais... il est épuisé et, je crois, un peu... déprimé. Il dit qu'avec le bruit des travaux de reconstruction, il dort peu et que la charge de certains dossiers épineux l'a un peu miné. Ca va lui faire du bien de pouvoir prendre un peu de repos maintenant que tu es revenu...
Eaque jeta un regard en biais à son collègue avant d'ajouter :
– Mais je crois surtout que tu lui as manqué... Et pas seulement pour le travail...
Minos haussa un sourcil et se tourna vers Eaque :
– C'est lui qui te l'a dit ?
– Non, mais ça se voit...
– Quoi, il ne m'a pas trouvé un remplaçant pour ses nuits torrides ?! – sourit Minos, qui se sentit étrangement flatté par la nouvelle, chose à laquelle il n'avait jamais songé, à vrai dire. Ils vivaient chacun leur vie sans se préoccuper de l'autre, ne s'étant jamais rien promis, du moins était-ce ainsi qu'il avait toujours vu les choses.
– Et bien, non, figure-toi... Il n'est pas comme toi... – lui répondit simplement Eaque.
– Il est dans ses quartiers ? – s'enquit alors Minos.
– Non, il est encore au Tribunal, il termine deux ou trois affaires... Je crois qu'il aura besoin de bien se détendre, après... – tenta de glisser subtilement le garuda, qui ne manqua pas de remarquer le sourire lubrique qui illumina immédiatement le visage de son collègue griffon.
– Merci pour les nouvelles, Eaque... Bon, rattrape bien le temps perdu avec ton bénou, je te l'ai ramené en un seul morceau tout exprès !
– Tu avais intérêt, si tu voulais rester un homme ! – répondit Eaque du tac au tac.
– Que de menaces ! – se plaignit le griffon en le regardant d'un air faussement vexé.
– C'est pour ton bien ! Je veille sur ta virilité ! – rétorqua Eaque avec un sourire amusé.
Et sur ce, ils se séparèrent en riant et Minos se rendit à ses appartements. Il fila immédiatement dans la salle de bain où il se prélassa longuement dans un bain parfumé aux fleurs de lotus ramené d'Egypte, qui lui rappela quelque peu les occasions manquées avec un certain bélier au Temple d'Isis et Osiris, mais le relaxa grandement. Après tout, il était de retour chez lui, où il savait avec qui passer la nuit quand il en avait envie. Il avait même l'embarras du choix ! Mais c'était toujours vers le même qu'il revenait et cette fois ne ferait pas exception.
Il ressortit très détendu et en forme de son bain, se rhabilla rapidement, changeant de vêtements, puis il partit en quête de son procureur.
***
"NE PAS DERANGER".
Telle était l'inscription affichée en gros sur la porte des appartements de Rune à laquelle le griffon se heurta. Il frappa néanmoins à la porte et appela :
– Rune, c'est Minos, ouvre-moi !
Aucun son ne lui répondit. Il frappa à nouveau, un peu plus fort. Il ne doutait pas que son procureur l'entendrait, lui qui était si sensible au moindre bruit, c'en était presque maladif et il prenait un malin plaisir d'ailleurs à en faire souvent et peu subtilement pour irriter son stoïque compatriote.
Toujours aucune réponse.
Il ne dormait quand même pas déjà ? Il enflamma légèrement son cosmos pour annoncer sa présence. Cette fois, cela devrait le faire réagir, mieux qu'une sonnette d'alarme. Il songea un instant que peut-être, le balrog se trouvait sous la douche et il sourit, la plaisante idée de partager ses ablutions avec lui traversant son esprit.
Mais juste à ce moment-là, la porte s'entrouvrit, dévoilant le visage fatigué du balrog qui leva un regard surpris vers lui, et Minos remarqua immédiatement les traits creusés et la mauvaise mine générale de son procureur. Il en demeura interdit de stupeur.
– Seigneur Minos, vous avez besoin de moi ? – demanda une voix qu'il reconnut à peine tant elle semblait chargée de lassitude.
– Je suis rentré et je me suis dit qu'on pourrait fêter ça... – répondit le griffon en se reprenant, souriant avec lascivité et plantant son regard noisette dans les yeux gris argent de son compatriote.
Mais celui-ci avait le regard fuyant, ce qui ne lui ressemblait guère. Le fier balrog était toujours sûr de lui, imposant par sa stature, son allure austère et son regard dur.
Eaque l'avait bien prévenu que Rune était fatigué mais il n'imaginait pas que son fier compatriote aurait les traits aussi marqués.
Bah, il avait raison, un peu de détente lui ferait le plus grand bien. Il aimait ça, lui aussi, et cela tombait à point nommé. Ils en avaient besoin tous les deux...
– Je peux entrer ou je dois enfoncer la porte ? – s'impatienta Minos.
– Oui, oui, bien sûr... – répondit Rune en s'écartant vivement et en ouvrant plus grand la porte pour le laisser passer – Mais je crains de ne pas être d'une compagnie bien agréable... – ajouta-t-il un peu tristement.
– Je saurai te rendre cette soirée très agréable – lui répondit une voix rauque et affamée dans son dos alors qu'il refermait la porte avec un bruit sourd.
Rune se retourna alors pour faire face à un véritable prédateur.
Un regard de braise emplissait les orbes noisette du Juge, chargé d'un désir exacerbé par une trop longue abstinence, qui n'appelait aucune contestation possible et aucun rejet.
– Tu m'as manqué... – lui souffla le griffon en se glissant tout près de lui, le dominant de toute sa hauteur.
Et sur ce, Minos l'attrapa sans cérémonie et tout en s'emparant de ses lèvres avec voracité, il entreprit de le délester prestement de ses vêtements, tout en se débarrassant lui-même des siens et en les menant tous les deux vers la chambre et le lit, jetant précipitamment leurs vêtements et sous-vêtements tout le long du chemin dans un grand désordre qui témoignait de l'impérieuse nécessité dans laquelle il se trouvait. Il avait dû faire acte d'abstinence durant neuf jours et ressentait une urgence pressante qui ne souffrirait pas d'attendre davantage. Il serrait Rune à l'étouffer tout contre lui tout en le dévorant littéralement et en le respirant profondément, caressant intensément de ses deux mains, comme pour s'en rassasier, le corps tout entier du balrog qui émettait des gémissements étouffés sous l'ardeur incontrôlée de son Juge de tutelle.
Cependant, Rune aussi avait attendu neuf nuits et il s'abandonna à l'étreinte et aux caresses pressantes avec une pure délectation et une égale nécessité, les rendant avec la même urgence et la même intensité, retrouvant d'un seul coup toute son énergie et sa vigueur envolées.
Tandis qu'il le respirait avec acuité et l'embrassait goulûment à pleine bouche comme pour l'avaler tout cru, les mains de Minos couraient sur son corps avec rapacité, le pétrissant intensément partout et à pleines mains, malaxant avec une rare fermeté et frénétiquement ses épaules musclées, son cou puissant, son dos musculeux, ses flancs lisses, ses hanches étroites, ses cuisses fuselées et enfin le rebondi de ses fessiers bien pleins et fermes où elle s'attardèrent longuement pour les caresser avec fougue et volupté, tandis que sa bouche le dévorait de baisers brûlants sans s'arrêter, comme cherchant à s'abreuver de son souffle, comme si sa vie en dépendait. Puis les lèvres affamées du griffon abandonnèrent sa bouche pour dévorer son cou, ses épaules qu'elles mordirent à pleines dents, puis son torse qu'il couvrit de ses mains et de ses lèvres avec frénésie partout en même temps, avant de descendre et d'assaillir les abdominaux d'acier qui s'offrirent à sa voracité avec abandon.
Rune ne pouvait retenir les gémissements que l'ardeur pressante et effrénée du griffon lui arrachait, tout en faisant courir lui aussi ses mains sur le corps galbé du Juge qu'il serrait tout contre lui avec une égale fermeté, l'encourageant à continuer son ardente exploration et se perdant dans ses cheveux argentés quand le griffon descendit encore davantage.
Ce fut un cri rauque qui s'échappa de la gorge du balrog quand une chaleur intense engloutit son entrejambe, tandis que deux mains plus pressantes que jamais s'emparaient de son arrière-train avec une fougue et une frénésie décuplées , avant de le préparer avec urgence mais sans aucune violence. Minos se releva soudain et les fit basculer tous les deux sur la couche de satin où il étendit son compatriote. Il se positionna au-dessus de lui, le regard consumé de désir, et il initia leur union, lentement d'abord pour permettre à son partenaire de s'habituer à l'intrusion.
Puis commença une danse frénétique venue du fond des âges, une danse qu'ils avaient l'habitude de pratiquer ensemble dans tous les sens, mais elle n'avait jamais revêtu de caractère aussi urgent et désespéré. Oui... Désespéré... C'était le terme qui s'appliquait à ces ébats d'une impériosité et d'une urgence qu'aucun d'eux n'avait encore jamais connue ni ressentie jusqu'à présent, malgré la fréquence de leurs fougueuses rencontres. Une urgence qui cependant n'ôtait rien à la volupté du moment, bien au contraire. Une urgence qui sublimait l'intensité de l'acte et décuplait toutes leurs sensations, à un point qu'aucun d'eux n'aurait jamais pu imaginer.
Le feu s'empara de leurs reins et la danse s'intensifia, scandée alternativement par des gémissements étouffés sous les baisers ou par des cris rauques qui allaient crescendo, au rythme de leur étreinte passionnée.
Le point culminant n'allait plus tarder et Minos redoubla d'ardeur en le sentant approcher, désespéré de l'atteindre, en ayant été privé durant tant de jours et tant de nuits...
Enfin, la libération survint, éblouissante et grandiose, et il serra Rune à l'étouffer dans ses bras pendant toute sa durée puis s'effondra sur lui de tout son poids, épuisé et haletant, continuant de le serrer tout contre lui comme s'il craignait qu'il se sauvât.
Rune eut la sensation d'être littéralement anéanti par le plaisir. Jamais il ne l'avait ressenti aussi fort, avec une telle acuité, une telle intensité... Pourtant, ils en avaient eu des ébats fougueux et intenses, tous les deux, mais là...
Quelque chose avait changé. Il le sentait. Quelque chose qui avait sublimé leur union et l'avait littéralement transcendée.
Malgré l'urgence et la fougue incontrôlée de leurs ébats, Rune avait senti que quelque chose avait changé en Minos dans sa façon de le posséder. Il raffermit lui aussi ses bras autour du Juge en fermant les yeux, reprenant lentement son souffle en sentant le coeur du griffon battre tout contre lui. A l'unisson. Avec le sien.
Oui, quelque chose avait définitivement changé...
Ils restèrent ainsi pendant de longue minutes à reprendre leur souffle, puis, quand ils l'eurent recouvré, Minos se releva légèrement et plongea son regard de braise dans les yeux consumés de plaisir du balrog. Il y vit des étoiles scintiller de mille feux et lut au plus profond de ce regard hypnotique, qu'il sembla découvrir pour la première fois, un sentiment qu'il s'était toujours refusé à voir jusqu'àlors.
Il resta longuement à le regarder, à le contempler, comme hypnotisé par ce qu'il voyait au fond de ces deux yeux si magnifiques qui le dévisageaient silencieusement en retour dans l'expectative.
Il comprit soudainement ce qui l'avait attiré chez le bélier. Ces traits fins, ces longs cheveux lisses et soyeux, ces deux mèches tombant en demi-lune sur son front, cette raie au milieu... C'était la réplique en mauve du balrog...
Seuls les deux points de vie de l'Atlante en lieu de sourcils avaient cette touche exotique qui le différenciait de son procureur, mais au fond, il ressemblait beaucoup au balrog physiquement, si l'on faisait abstraction de sa couleur d'yeux et de cheveux.
En un éclair, il sembla comprendre ce qu'il avait toujours refusé de reconnaître. Ce que Eaque avait maintes fois essayé de lui souffler...
Mais lui aussi avait ressenti le changement profond au cours de leurs ébats. Cette sublimation de leur étreinte qui avait magnifié leur extase n'était pas seulement due à l'urgence née de l'abstinence qu'il avait dû endurer. Non, il y avait autre chose... Et il ne se souvenait pas avoir jamais serré Rune aussi fort dans ses bras pendant l'acte ou au moment de l'extase.
Sans desserrer sa prise, Minos se pencha alors et captura les lèvres du balrog pour un nouveau baiser. Tendre, cette fois. Pour la première fois de sa vie, il embrassa tendrement un de ses partenaires. Il embrassait fougueusement habituellement, car telle était sa façon d'être, mais il eut soudain envie de faire preuve de tendresse. Et de donner au lieu de prendre. Au lieu de posséder. Au lieu de ravager. Le baiser s'éternisa délicieusement jusqu'à ce que le besoin de respirer les obligeât à se séparer.
Et quand finalement il prit fin, ils se regardèrent droit dans les yeux tous les deux et Minos murmura alors dans un souffle :
– Je t'aime...
Rune en aurait pleuré de joie s'il n'avait pas été de nature aussi austère et réservée. Il avait attendu ces trois mots depuis si longtemps... Il avait cru le perdre définitivement quand Minos avait dû se rendre en Egypte. Non pas qu'il ait craint pour sa vie à quelque moment que ce fût, mais il était convaincu que le griffon allait passer la vitesse supérieure et s'engager avec un chevalier de l'élite d'Athéna. Et s'éloigner définitivement de lui...
Submergé par l'émotion et la joie, il le contempla sans rien dire, comme hypnotisé. Les mots lui manquèrent pour répondre mais l'éclat dans ses yeux émerveillés parla pour lui. Minos lui sourit et l'embrassa à nouveau, et ce baiser eut un goût de paradis. Pour tous les deux.
Cette nuit-là, Minos lui fit l'amour. Ils firent l'amour. D'habitude, ils batifolaient joyeusement ensemble, à la recherche exclusive et unique du plaisir et de la satisfaction physique, mais cette nuit, ils s'aimèrent. Passionnément. Pour la toute première fois de leur vie. Donnant une nouvelle dimension à leurs étreintes, les magnifiant et les sublimant de la plus belle façon qui soit par la force de leurs sentiments enfin reconnus et avoués.
Se promettant que de nombreuses autres suivraient jusqu'à la fin de leurs jours.
***
Eaque sortit de la salle de bain, vêtu d'un long peignoir bleu nuit qu'il n'avait pas noué et qui semblait encore allonger son interminable silhouette, laissant entrevoir son magnifique torse musclé aux pectoraux et aux abdominaux parfaits et ses longues jambes puissantes et fuselées.
Il éteignit la lumière de la salle de bains et s'avança dans la pénombre de la chambre où Kagaho l'attendait, sagement assis sur le lit, les draps rejetés sur ses cuisses, le regard brillant attisé par la vision de perfection qui s'avançait vers lui, dévoilée par la faible lumière qui s'infiltrait par le haut des fenêtres donnant sur une réplique parfaite du ciel étoilé * (cf saga Hadès).
Il en eut presque le souffle coupé. Poutant, ce n'était pas la première fois qu'il le voyait, et de plus, le peignoir lui occultait le meilleur de la vue, mais leur longue séparation et ce vêtement superflu, qui ne faisait que suggérer la plastique parfaite du garuda en la sublimant par les jeux d'ombres qu'il créait, lui donnèrent l'impression de redécouvrir son merveilleux amant.
Eaque s'approcha du lit et ôta son peignoir qu'il posa sur une chaise, dévoilant un splendide dos puissant aux muscles déliés dont les lignes parfaites étaient rehaussées par les jeux d'ombres du clair obscur et se perdaient dans sa vertigineuse chute de rein, puis il se retourna et grimpa souplement sur le lit à quatre pattes, s'approchant lentement tel un prédateur vers son jeune amant qui lui souriait.
Leurs yeux luisaient dans la pénombre, illuminant leurs prunelles sombres.
Eaque posa ses deux mains sur les chevilles recouvertes du drap de son jeune compagnon, qu'il sentit frémir sous le tissu fin. Il les caressa lentement puis, tout en faisant glisser ses genoux de chaque côté pour avancer tel un félin, il remonta doucement tout le long de ces deux jambes fermes et musclées en les moulant sensuellement à travers les draps, gagnant de petits frissons de la part de l'égyptien, puis arriva à l'endroit où le tissu dévoilait les cuisses du bénou dans leur splendide nudité.
Il planta son regard indigo dans les prunelles obscurcies par le désir du bénou, et continua son approche lentement, faisant monter l'attente et le désir. Ses mains remontèrent en les effleurant doucement le long des cuisses fuselées, redessinant leurs muscles galbés, les massant légèrement puis avec intensité en se rapprochant imperceptiblement mais sûrement des attrayantes hanches, contournant la colonne palpitante qui trônait au centre, tandis que lui-même rampait pratiquement au-dessus de lui en glissant lentement sur le drap de satin gris, emprisonnant les jambes du jeune égyptien.
Puis ses mains s'emparèrent avec volupté des hanches étroites tandis que ses genoux passaient la barrière du drap et faisaient contact avec les cuisses du bénou.
Kagaho sursauta presque, frémissant de tout son être, tous ses sens en éveil. Il était toujours un peu intimidé par son bel amant, tout particulièrement quand Eaque jouait avec lui.
Car Eaque était un Juge et lui un simple spectre parmi les 103 qui peuplaient les Enfers, même si le garuda ne le lui faisait jamais sentir, bien au contraire. (103 car avec les 3 Juges + les 2 jumeaux, Thanatos et Hypnos = 108 spectres)
Mais Eaque était tellement puissant, tout en lui dégageait la force et la puissance. Il était de surcroît doté d'une vitesse quasi-divine, avait un charisme extraordinaire, savait mener ses troupes et comme si cela ne suffisait pas, il était beau comme un dieu et avait la prestance d'un roi. Il avait une stature imposante et une aura qui dégageaient une force tranquille, une assurance étonnante et une autorité naturelle qui impressionnait au premier regard. Et il parlait d'une voix calme et posée, presque douce, et n'avait jamais besoin de hausser le ton.
Il était noble et droit, son jugement sûr faisait qu'il était unanimement reconnu comme le plus juste des trois Juges, celui qui tranchait les cas difficiles et conciliait toutes les parties, arbitrant même les différends opposant les dieux entre eux, et de surcroît, c'était lui qui détenait la clé des Enfers. * (cf mythologie, où Eaque est le favori des dieux, arbitrant leurs conflits, et le seul des 3 Juges à détenir la clé des Enfers)
Le regard du bénou dériva un bref instant vers ces épaules merveilleusement rondes et pleines, nacrées de reflets luisants au clair-obscur qui contrastaient avec la masse sombre qui s'avançait vers lui en emplissant son champ de vision, avant de relever les yeux et de plonger dans ceux brûlants du garuda.
Celui-ci le fixait intensément d'un regard brillant avec un sourire plein de promesses, une lueur taquine dansant au fond de ses orbes indigo luisant d'un éclat félin. Il s'était légèrement redressé et se trouvait en appui sur ses genoux au-dessus de lui, le dominant de toute la hauteur de son torse parfait, lui simplement adossé à la tête de lit et le contemplant dans l'expectative comme hypnotisé en retenant son souffle.
Puis il le vit se pencher lentement vers lui pour l'embrasser et sentit en même temps ses longs doigts déliés jouer le long de ses flancs frissonnants et Kagaho perdit tout sens de la réalité, plongeant instantanément dans un océan de sensations grisantes dès que ses lèvres furent capturées par celles du garuda.
Tout en l'embrassant avec volupté, Eaque glissa ses mains dans son dos et l'entoura complètement de ses bras puissants pour le serrer tout contre lui, unissant leurs torses palpitants et souriant en sentant les deux bras du bénou se refermer autour de son cou, puis il le fit basculer doucement avec lui sur le côté en écartant les draps pour l'allonger sur le lit et le recouvrir enfin de son corps nu.
Kagaho retrouva la sensation grisante de ce poids lourd et rassurant sur lui, qui épousait si parfaitement son corps abandonné en l'électrisant, et le contact chaud qui l'emprisonnait tout contre les draps froids le remplit d'une déferlante de sensations enivrantes dont il avait été privé durant de longues semaines.
Il retrouvait ces mains sur lui, cette bouche sur lui, ce corps sur lui, ces bras enserrés autour de lui, ces cuisses sur lui, ces jambes mêlées aux siennes et cette virilité forte et puissante, pleine de promesses, pressée tout contre lui, vibrante et palpitante, faisant frémir la sienne, toute frissonnante d'anticipation.
Comme il lui avait manqué !
Il retrouvait enfin et à nouveau toutes ces sensations merveilleuses qu'ils partageaient quotidiennement dans l'intimité des appartements du garuda ou dans sa chambre, parfois.
Ces mains qu'il adorait, douces et câlines mais fermes aussi et si taquines, qui aiguisaient son corps comme un couteau et l'enflammaient, lui, l'oiseau spectral aux flammes noires si dévastatrices, réduit à l'impuissance sous les caresses fiévreuses et électriques du garuda.
Et cette bouche gourmande et enivrante qui le transportait au paradis avec chacun de ses baisers sur lui, qui le lapait partout avec délectation et le dévorait goulûment et tout autant d'affection.
Et ce corps si fabuleux, long et nerveux qui ondulait si sensuellement sur lui, ces bras vigoureux qui l'étreignaient, ces jambes longues et musculeuses aux cuisses puissantes qui l'enserraient... Et les muscles déliés tout le long de ce corps si merveilleux à la peau mate et satinée, qu'il aimait parcourir de ses doigts partout et caresser en retour à pleines mains, les redessinant et les remodelant fiévreusement à l'infini, avant de les embrasser fougueusement avec adoration et de les déguster pleinement avec délectation...
Mmmmmmmmmmmm...
Ces épaules rondes et pleines, ce torse somptueux aux pectoraux et aux abdominaux surnaturels et fermes, ce dos large à la cambrure divine, cet arrière-train musclé qu'il adorait masser avec intensité, cette virilité puissante et tendue qu'il aimait sentir tout contre la sienne, chargée de désir pour lui...
Et cette odeur masculine qu'il aimait tant, la respirant profondément pour mieux s'en imprégner comme si sa vie en dépendait...
Leur baiser prit fin pour leur permettre de respirer et ils se regardèrent fiévreusement dans les yeux en reprenant leur souffle, de l'adoration mâtinée de tendresse et d'amour fou crépitant au fond de leurs prunelles sombres.
Un sourire lubrique illumina le visage du garuda, puis un coup de rein et ils roulèrent tous les deux sur le lit dans un grand éclat de rire, leurs corps agglutinés et les jambes emmêlées. Ils jouèrent un moment à se renverser à tour de rôle en roulant l'un sur l'autre tout en se dégustant longuement et langoureusement, à se chatouiller en étouffant leurs rires sous les baisers, se réexplorant fiévreusement comme s'ils se découvraient pour la première fois, ondulant sensuellement l'un contre l'autre pour faire monter davantage encore le feu dans leurs reins, puis se dévorant le corps alternativement, en s'offrant avec abandon à leur mutuelle voracité, tous leurs sens embrasés.
Ils s'embrassèrent de plus en plus fougueusement tandis que leurs mains se caressaient de plus en plus frénétiquement et que leurs jambes se mêlaient et se démêlaient de plus en plus furieusement, dans un ballet sensuel et endiablé qui attisait davantage encore les flammes de la passion, électrisant leurs corps et les embrasant comme deux volcans.
Puis vint le moment où leurs corps réclamèrent la fusion ultime, et ils s'unirent enfin avec un total abandon sur les draps, Kagaho menant la danse au-dessus du garuda sur lequel il s'empala sans retenue, les faisant crier et se cambrer tous les deux, et ils entamèrent ce pas de deux qui les mènerait jusqu'aux cieux, leurs deux corps à angle droit arqués jusqu'au point de rupture sous l'intensité des sensations, et leurs doigts s'enlacèrent et s'étreignirent au moment de la fusion. Un feu d'artifice sembla les emporter dans son envol vers les cieux et les garder longuement prisonniers dans cet indescriptible état de gloire extatique où plus rien n'existe, sinon cette plénitude et cette félicité portées à leur paroxysme qui fait voir des étoiles même en fermant les yeux.
Puis Kagaho retomba épuisé sur Eaque qui l'accueillit dans ses bras et caressa tendrement ses épaules et ses cheveux. Il le câlina doucement en lui murmurant des mots destinés à lui seul, puis quand ils eurent tous les deux repris leur souffle, il le renversa sous lui et entreprit de l'aimer encore, et encore, et encore... Toute la nuit...
Ils s'aimèrent passionnément jusqu'aux premières lueurs de l'aube, rattrapant toutes ces semaines qui les avaient tenus séparés si longtemps. Entre caresses, étreintes, baisers et soupirs, duels et éclats de rire.
Et s'endormirent finalement tendrement enlacés entre les draps, le corps apaisé et le coeur heureux.
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FIN
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Voilà, cette fois, c'est bel et bien fini, snifffffffffff... ;D Je m'étais bien attachée à ces persos et à cette histoire, je suis contente qu'elle vous ait plu et espère que ce chapitre bonus consacré aux spectres vous a plu également !
Je n'avais pas du tout prévu de l'écrire au départ, étant centrée sur Mû / Saga, c'est donc un rajout, long de surcroît, mais plusieurs personnes ont souhaité savoir ce qui se passait pour ces deux couples, du moins surtout pour le griffon, donc voilà ! Notre Minos a enfin ouvert les yeux sur ses sentiments et ce qu'il avait chez lui à portée de main, et il est heureux, n'est-ce pas Colombia ?! ;D Et le garuda a pu lui aussi rattraper le temps perdu avec son bénou ! :)
Grosse entorse faite au Mû/Saga mais contrairement à ce que je craignais, je me suis bien amusée aussi à écrire ces passages tendres ! ;D (Il faut dire aussi que j'adore Minos et Eaque, et Kagaho également, qui m'avait immédiatement fait penser à Eaque lorsque je l'avais découvert dans Lost Canvas il y a 2 ans, et je les ai immédiatement vus ensemble ! :D)
Alors merci à Elodie et à Ludi pour l'avoir réclamé, et à Colombia qui souhaitait que je case le beau griffon ! ;) Et pour Pharaon, désolée, mais je n'ai vraiment pas d'idée pour lui !
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