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''Souviens-toi'' by Ludi
Chapitre 6
(suite)
« Mû ? Mû !! Ça ne va pas ?! »
Il sursauta. Saga se précipita vers lui, paniqué.
« Tu t’es endormi, c’est dangereux ! Tu aurais pu te noyer ! »
Il semblait terriblement inquiet. Mû n’avait même pas réalisé le danger. Il aurait dû se laisser aller à ses pensées dans son lit et non dans son bain, mais c’était tellement agréable, il n’avait même pas réfléchi.
Mû eut honte de lui avoir fait aussi peur, lui qui était toujours aux petits soins…
« Désolé, Saga. »
Le grec, qui allait prendre une serviette dans l’armoire, stoppa net son geste.
Une voix faible et un peu enrouée. Mais c’était la sienne. La même intonation douce à l’oreille, le léger accent asiatique. De son pays, le Tibet. Saga se tourna vers lui, stupéfait. Son cœur battait fort dans sa poitrine. Il avait parlé.
Mû sentit ses joues rougir, mais un sourire se dessina sur ses lèvres. Sa voix avait enfin décidé de sortir de sa gorge, et de ne plus s’y bloquer.
***
Ses fines lunettes posées sur son nez, Saga tapait avec un rythme régulier les touches de son clavier, les yeux rivés sur l’écran de son ordinateur. Il semblait comme ailleurs, regardant les petites lettres noires s’aligner au fil des paragraphes.
Son bureau était callé contre le mur, supportant l’écran plat et le clavier, alors que dessous, l’unité centrale, l’imprimante et le scanner avaient été disposés de façon à ce que l’utilisateur puisse quand même ranger ses jambes sous le meuble. Mû regardait tout ce matériel informatique avec la plus grande curiosité.
À vrai dire, il ne se rappelait pas avoir vu tout cet attirail d’appareils, dont il se demandait bien l’utilité. L’un d’eux rejetait des pages imprimées, un autre n’avait pas encore été utilisé devant lui, l’écran laissait voir tout un tas d’images colorées, alors que Saga tapait sur le clavier à une vitesse ahurissante. De temps en temps, il cliquait avec un drôle d’appareil. Dans un coin, un gros pavé gris vrombissait doucement.
Le meuble était près du lit, et de là où il était, le malade pouvait voir un peu le visage concentré de son protecteur. Il trouvait son visage si sérieux vraiment très beau, autant que quand il faisait ce sourire à le faire rougir. Il avait vraiment un beau visage, il ne se rappelait pas d’en avoir vu de pareil avant. Enfin, si, il en avait un vague souvenir, mais pas très net. Des ombres du passé qui erraient dans son esprit, des impressions de déjà-vu…
Soudain, Saga se laissa aller en arrière, semblant réfléchir, puis se tourna vers Mû et lui fit un sourire. Il adorait ce sourire. Il était si rassurant… Tout dans la personne de Saga lui semblait rassurant, surtout ses yeux d’un bleu profond si expressif. C’était quelqu’un de nerveux, Mû l’avait de suite remarqué à cause de ses petites manies, certains tics, comme celui de passer sa main dans ses cheveux quand il ne trouvait pas la solution d’un problème, à savoir quoi écrire. Mais même en étant nerveux, il demeurait rassurant. C’était dans sa nature.
« Tu as faim ?
- Un peu. »
Ses yeux semblèrent briller quand il entendit sa voix. Par habitude, Saga continuait à lui parler, même s’il n’obtenait pas toujours des réponses à ses questions, mais Mû faisait des efforts, car il aimait la lueur de bonheur qui brillait dans ses yeux quand il prononçait quelques mots.
Sa voix était un peu cassée et il avait un léger accent. Il l’entendait bien, Saga n’en avait aucun. À la maison, tout le monde parlait grec, et Mû sentait qu’il avait un peu perdu. Comment avait-il appris cette langue ? Pourquoi avait-il maintenant du mal à la pratiquer ? Questions sans réponses.
D’un bon pas, Saga sortit de la chambre et revint une dizaine de minutes plus tard, un plateau dans les mains dans lequel reposaient deux tasses fumantes et un bol contenant des quartiers de pommes. C’était bien une chose que Saga avait retenue. Quand Mû était enfant, il vouait une véritable adoration aux pommes, ce que Mû avait oublié jusqu’à ce que ces délicieux fruits atterrissent sous son palais.
Aussitôt, Saga se replace devant son ordinateur mais hésite à taper. En fait, il a le fil de l’histoire en tête, mais un peu de mal à former ses idées, à les décrire.
« Qu’est-ce que tu fais ? »
Saga se tourna vers lui. Il avait encore du mal, il était tellement habitué au silence presque religieux du jeune homme…
« J’écris un roman.
- Sur quoi ?
- Je ne sais pas vraiment. »
Ce n’était pas faux. Quand il écrivait, il avait tendance à laisser aller ses pensées, créant une histoire à partir de moments forts puis tissant le reste au moment même où il écrivait. Personne ne pouvait croire qu’il puisse produire de telles œuvres de cette manière, à part Ludivine qui agissait de cette manière.
« Je viens de commencer, il n’y a pas vraiment d’histoire, encore. Je l’imagine au moment où je l’écris.
- Ah, d’accord. »
Saga lui dit que, une fois le scénario vraiment posé, il lui ferait un résumé. Pour le moment, il n’était même pas sûr de son début, certaines choses l’ennuyaient.
Tout en grignotant ses pommes, Mû repartit dans sa lecture, alors que Saga se replongeait dans l’écriture de son roman.
***
Le cours était terminé. Alléluia… Kiki n’en pouvait plus. Il avait passé son cours de maths à dessiner. Enfin, selon Anthony et Valentine. En fait, il révisait son chinois, traçant des caractères sur une feuille en écoutant vaguement le cours. Il finissait toujours les exercices avant les autres, et après avoir aidé Anthony, si besoin était, Kiki gribouillait tout un tas de choses sur une feuille.
Parfois, ses professeurs ramassaient lesdites feuilles et criaient au scandale. Plus d’une fois, Saga avait été convoqué à cause de ça, et il avait beau disputer l’enfant, Kiki recommençait. C’était ça ou dormir. Autant que les cours servent à quelque chose.
Le directeur avait envisagé de lui faire sauter une classe, mais Saga avait refusé, affirmant que son niveau en français était exécrable. De plus, ce n’était pas très bon pour un enfant de sauter plus d’une classe, selon lui. En fait, il aurait voulu lui dire que Kiki n’avait jamais été à l’école avant d’entrer dans ce collègue, il n’avait jamais été dans un environnement avec des enfants de son âge. L’ancien apprenti chevalier s’était attaché à sa classe, à ses amis. Saga ne voulait pas qu’il s’en sépare, juste pour une question de niveau.
Dans le fond, Kiki ne se sentait pas plus intelligent qu’un autre, mais il savait qu’il avait une capacité de réflexion plus performante. Il n’était pas comme les autres. Il ne le serait jamais. Peut-être qu’un jour, ses pouvoirs reviendraient. Le jeune tibétain espérait que cela n’arrive jamais. Il ne voulait pas changer de vie, quitter cette ville, ses amis, sa maison. Il ne voulait pas retourner au Sanctuaire.
Dans la cour de récréation, Kiki se sentait perdu au milieu d’une marée d’élèves. Des petits groupes allant à droite et à gauche, emmitouflés sous un manteau et bavardant joyeusement. C’était un autre univers. Il avait grandi seul avec Mû, ce n’était pas pareil. Oh, il n’était pas à plaindre, son Maître était un jeune homme adorable, il n’avait jamais levé la main sur lui. Il était même un peu trop laxiste.
Une autre raison pour laquelle il était si différent des autres enfants : sa naissance. Il entendait souvent ses camarades de classe se plaindre de leurs parents, trop protecteurs ou divorcés. Lui, il n’avait pas ce problème : il n’avait jamais connu ses parents. À vrai dire, Kiki avait été abandonné à la naissance, Mû l’avait trouvé sur le bord d’une route. Et l’avait pris avec lui.
Ils étaient des descendants du peuple de Mü. Un ancien peuple caché un peu partout dans le monde, et une vieille famille vivait dans l’immense chaîne de l’Himalaya. Mû et Kiki étaient leurs descendants, tous deux abandonnés pour des raisons obscures. Du moins pour l’enfant, son Maître ne lui en avait jamais parlé.
Pourtant, un jour, Mû lui avait montré ses parents. Kiki devait avoir… six ans. Ou cinq. Il ne savait plus vraiment. Il était jeune, mais pourtant, il se souvenait parfaitement de ses parents. Sa mère était plutôt jolie, avec des longs cheveux tellement clairs que la neige semblait grise en comparaison. Son père avait des cheveux d’un rouge sang.
Aucun des deux n’avaient montré le moindre signe de surprise, de joie ou de tendresse en le voyant. Même pas sa mère. Mû ne le lui avait pas dit, mais Kiki, tout jeune qu’il était, l’avait bien compris : sa mère ne le reconnaissait pas comme son fils. Pourtant, ils se ressemblaient. On le lui avait dit. Kiki avait été terriblement blessé par son manque de réaction.
Mû l’avait recueilli et l’avait élevé. Il n’y avait jamais eu d’effusion d’amour de sa part, mais il était attentionné et tendre. Un peu comme un père, un grand frère. Pas vraiment comme un maître, un chevalier. Kiki n’avait jamais connu beaucoup d’enfant avec leur mode de vie, mais il ne pouvait en vouloir à celui qu’il avait toujours considéré comme son père.
Maintenant, Mû allait mieux. Il ne se souvenait de rien, même pas de lui, mais au moins, il avait retrouvé la parole. Et c’était un grand pas en avant. Kiki était heureux. Il se faisait charrier par Kanon, disputer par Saga à cause de ses fautes de français, engueuler par les profs parce qu’ils n’arrivaient pas à comprendre ce qu’il racontait, mais au bout du compte, il n’était pas si malheureux que ça.
D’ailleurs, il se préparait psychologiquement à annoncer à Saga son 12 à son contrôle de lecture. Plutôt pas mal. S’il n’y avait peu (pas eu ?) le moins un à cause des fautes.
***
L’ennuie, avec les téléphones, c’est que quand quelqu’un vous ennuie, on ne peut pas le frapper. Et Saga avait vraiment envie de taper sur quelqu’un.
Il butait sur son texte, et voilà que son téléphone sonnait. Une fois encore. Qu’est-ce que les gens croyaient ? Qu’un écrivain ne faisait rien de ses journées ? Qu’il se tournait les pouces ? Erreur… Il n’allait quand même par jeter le téléphone à travers le salon, il n’avait rien fait de mal. Bon, c’est vrai que Kanon avait balancé son portable contre un mur dans un excès de colère, mais bon…
Saga sortit donc de sa chambre en soupirant sous le regard amusé de Mû, puis descendit au rez-de-chaussée et attrapa le combiné du téléphone qu’il porta à son oreille. En priant pour que ce ne soit pas Kanon, il l’avait déjà assez entendu depuis ce matin.
« Oui, allô ?
- Saga ? C’est Corinne ! »
Rectification. Celle-là, il était content de l’entendre, depuis le temps qu’il ne l’avait pas eue au téléphone. Toute envie de meurtre avait quitté son esprit.
« Corinne ! Tu vas bien ?
- Oui, très bien ! Et toi ?
- Aussi. Juste un peu fatigué.
- Ton roman avance ? Il parle de quoi, cette fois-ci ? »
L’histoire s’était imposée un peu plus dans son esprit. Autrefois, quand il était… Grand Pope, il se souvenait qu’un de ses serviteurs s’était entiché d’un de ses chevaliers, un saint d’argent. Et c’est dans le plus grand secret qu’ils s’étaient aimés pendant près de cinq ans. Jusqu’à ce que le chevalier meure. Le serviteur n’y avait pas survécu.
Bien que l’homosexualité soit tolérée, au Sanctuaire, elle n’était cependant pas toujours bien vue, en particulier avec les serviteurs. De son temps, Saga était le plus souvent passif vis-à-vis de sa seconde personnalité, mais il restait campé sur ses positions en ce qui concernait les serviteurs, homme et femmes : il était strictement interdit d’avoir des relations sexuelles avec eux de toute manière sans leur accord.
Étrangement, les habitants du Sanctuaire respectaient cette loi, préférant traîner dans les villes voisines pour trouver un ou une partenaire. Ainsi, avoir une liaison avec une servante, et plus particulièrement un serviteur, était mal vu, en raison de la jeunesse de ces personnes. En vieillissant, ils devenaient gardes.
Le chevalier d’argent en question était une forte tête, et son obstination l’avait mené à la mort, lors d’un combat acharné. Le serviteur ne cacha pas sa souffrance. Il devint donc la risée du Sanctuaire. Saga ne put rien faire pour lui. Il aurait voulu l’aider, pourtant. Le faire partir, loin de la Grèce. Mais le jeune homme avait fini par se jeter dans la mer, incapable de supporter les huées.
Cette histoire, une anecdote parmi tant d’autres, l’avait beaucoup marqué. Saga lui-même ne se savait pas attiré par les femmes, contrairement à son frère qui n’avait pas de préférence. Dans un monde de brutalité qu’était la chevalerie d’Athéna, reclus et caché aux yeux du monde, il n’était même pas normal d’aimer un homme. Les hommes, pourtant si nombreux comparés aux femmes qui étaient de vraies sauvageonnes, ne pouvaient se fréquenter de cette manière.
« Je vois… Ce serait intéressant ! Tu n’as jamais écrit de romans comme ça !
- Je n’en ai pas écrit beaucoup.
- Peut-être, mais ça ne fait pas longtemps que tu t’y es mis ! Bon courage !
- Merci. Alors, tu passes à Paris, finalement ?
- Oui ! Heu… ça te dérange si Eaque vient aussi ?
- Heu… Non, pas du tout.
- Tu verras, c’est quelqu’un de très bien !
- L’amour fou ? »
Saga souriait, imaginant la gentille Corinne avec le juge des Enfers. Étrange tableau… Il vit Éaque avec son surplis compliqué et noir aux reflets violacés, et Corinne en tenue de travail. Magnifique…
« Je crois ! Ce serait pour le troisième week-end de décembre.
- Les dates ?
- Du 15 au 17 ! Je sais, ce n’est pas très longtemps, mais il a du travail… »
Pendant un instant, Saga imagina Kanon en train de faire des crêpes dans la cuisine avec Kiki et ses deux amis, Mû lisant tranquillement dans son lit à l’étage, Corinne surfer sur le net, dans sa chambre, et Rhadamanthe traverser en long, en large et en travers la maison avec Éaque collé aux basques. Sans oublier Lys avec son ventre énorme et sa gourmandise naturelle. Il ne manquerait plus que Ludivine qui viendrait se goinfrer de crêpes.
« D’accord, pas de soucis. »
Comment je vais annoncer ça à Rhadamanthe, moi ? Se demanda le grec en voyant déjà l’ancien spectre hurler au scandale au téléphone.
« Merci, c’est vraiment gentil de ta part !
- Il n’y a pas de quoi. »
Ce qui va être marrant, se dit-il, c’est que Rhadamanthe et Éaque, à tous les coups, vont se tirer la bourre, et Corinne ne saura même pas pourquoi.
« Je pensais aller chez Ludivine, mais c’est un peu petit, chez elle, et je ne veux pas la déranger. Mais j’irai quand même la voir. »
Alors tu vas me laisser tout seul avec les deux spectres qui ont des comptes à se rendre ? Se dit Saga, dépité.
« Elle sera contente de te voir.
- J’espère bien ! »
Corinne prit des nouvelles de Mû, et Saga lui affirma qu’il allait bien mieux. Il parlait un peu, cessant de s’enfermer dans son silence obstiné. Il était plutôt content. Au téléphone, Corinne semblait vraiment intéressée par l’état du jeune homme. Elle savait que Saga n’avait pas beaucoup d’amis, bien qu’il soit sociable, et il parlait très peu de son passé.
La jeune femme avait été beaucoup étonnée en apprenant que Saga s’occupait d’une connaissance, et elle avait été attristée aussi par l’étrange affaire dont Mû avait été victime. Maintenant, le tibétain était amnésique. Saga avait promis aux enquêteurs qu’il les appellerait quand Mû aurait retrouvé la mémoire, mais apparemment, ce n’était pas pour tout de suite.
Saga se renseigna un peu sur Éaque, de façon à savoir ce qu’il faisait dans la vie. Comment il s’en était sorti. Rhadamanthe lui poserait forcément la question et l’appellerait, lui ou Kanon, jusqu’à le savoir. Corinne lui dit qu’ils s’étaient rencontrés tout à fait par hasard.
Corinne aimait beaucoup voyager, en particulier dans les pays tels que l’Écosse, et c’est là qu’elle le rencontra, dans un hôtel où elle séjournait. Elle eut comme un coup de foudre en le voyant. Oh, il ne vint pas sur le coup, mais au fur et à mesure des jours, il fut de plus en plus évident. Saga devinait aisément la suite des choses.
Éaque venait du Népal, au nord de l’Inde, et bien que ce soit un pays peu connu pour ses richesses, ce jeune homme était l’héritier d’une formidable entreprise familiale. Son père étant très âgé, Éaque avait pris sa suite, voyageant beaucoup mais en gardant un contact permanent avec la jolie Corinne.
Alors qu’elle lui racontait son récit, Saga se dit que, décidemment, les spectres étaient bien chanceux, tout compte fait. Rhadamanthe n’était pas à plaindre avec son énorme château et les terres alentours, sans oublier d’autres ressources dont Saga ne connaissait pas l’origine. Que voulez-vous, c’est toujours les mêmes qui se prennent tout en pleine tête…
« Tu sais, pendant que tu seras à Paris, nous recevrons un ami… Enfin, il loge chez une amie, mais il va sûrement passer du temps ici…
- Vraiment ?! Mais nous allons déranger !
- Mais non ! Il s’appelle Rhadamanthe.
- Drôle de prénom.
- Éaque n’est pas mieux.
- Mais il a de la classe !
- Rhadamanthe aussi. »
Corinne éclata de rire au téléphone. Puis, elle redevint sérieuse. Elle ne comprit pas pourquoi Saga insistait pour qu’elle le dise à son fiancé qu’une autre personne serait là, un certain Rhadamanthe dont elle n’avait jamais entendu parler. Enfin, s’il venait chez Saga, ce ne devait pas être une mauvaise personne.
Elle ne tarda pas à raccrocher, laissant Saga à ses affaires. Enfant… (Enfin ?) Saga resta quelques instants à regarder le combiné de son téléphone avant de se dire qu’il appellerait Rhadamanthe un peu plus tard.
***
« De quoi ?! »
Saga écarta le combiné du téléphone de son oreille.
« Saga, amour de ma vie, aurais-tu l’obligeance de répéter ce que tu viens de me dire ?
- Heu… Éaque vient à la maison en même temps que toi ?
- De quoi ?!! »
Kanon et Kiki éclatèrent de rire alors que Rhadamanthe grognait à l’autre bout du fil.
« Mais pourquoi t’as dit oui ?!
- Pourquoi j’aurais dit non ?
- Je veux pas d’Éaque !
- Et moi je veux aucun de vous deux.
- Saga, j’annule tout, je viens pas !
- Mais c’est qu’il a les jetons, le petit Rhadamanthe.
- Kanon, ferme ta grande bouche, dragon à la noix ! »
Ces mots vexèrent ledit dragon à la noix qui jeta un regard noir au téléphone. Kiki se tenait les côtes.
« Rhadamanthe, ne fais pas l’idiot. Vous allez vous côtoyer quelques jours, ce n’est pas la mort… Et encore, tu dors chez Lys…
- Il fait quoi dans la vie ?
- Dirige une entreprise familiale, apparemment.
- Merde.
- Ça fait toujours plaisir.
- C’est quoi, son nom de famille ?
- Mais je n’en sais rien !
- Merde.
- Rhadamanthe…
- Je ne veux pas voir ce sale type !
- Mais pourquoi ?
- S’il est ce que je pense, je ne suis pas dans la merde, moi ! Je demanderai à la blondasse, elle doit savoir…
- Soit plus clair, on y comprend rien à ton charabia !
- Est-ce que je t’ai causé, stupide dragon ?
- Non mais ça va, oui ?! »
Qui aime bien châtie bien, soupira intérieurement Saga alors que Rhadamanthe hurlait au scandale. C’était lui qui devait venir chez eux le premier, pourquoi l’autre parasite devant s’incruster ? Il n’aimait pas particulièrement Éaque, et pour des raisons qui restaient pour le moment personnelles, il avait encore davantage intérêt à ne pas l’apprécier.
« En tout cas, que tu le veuilles ou non, Éaque viendra ici, je l’ai promis à Corinne. Je ne vais pas annuler parce qu’un imbécile me fait un caca nerveux.
- Tu sais ce qu’il te dit, l’imbécile qui te fait un caca nerveux ??
- Je ne préfère pas le savoir. »
Au bout de quelques minutes, Rhadamanthe raccrocha en bougonnant. Ah non, il n’était pas content du tout, le petit spectre. Saga l’imagina partir bouder dans un coin du château. Son père n’avait pas intérêt à être sur son chemin ou il allait l’incendier, et bien comme il faut, en plus.
***
Chapitre suivant ici. ;)
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