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“ÓSMOSIS” by Ariesnomu / Mu Saga 4 ever (traduction janvier 2008) Chapître 2 : Souvenirs POV Mu : Mû se trouvait dans l'atelier de la maison du bélier. Dès que Kanon était retourné dans son temple, il avait décidé de passer à l'action. Il se tenait debout devant sa table de travail, où ses outils célestes étaient disséminés au côté de divers bocaux remplis de poudre d'étoiles, d'orichalque et d'autres matières stellaires nécessaires à la réparation des armures. Il s'était concentré en priorité sur les cinq armures qui avaient été détruites par les dieux jumeaux lors de la guerre contre Hadès, ce qui lui avait pris beaucoup de temps. Mais il avait terminé de les réparer et maintenant venait le tour des armures de ses autres compagnons. Plus précisément, celui de l'armure des Gémeaux. Sans s'en rendre compte, il avait longuement inspecté l'urne, s'attardant sur elle avec beaucoup de soin et d'attention, probablement plus que nécessaire, l'effleurant avec douceur du bout des doigts et la caressant du regard comme de ses mains, comme s'il avait voulu la graver dans sa mémoire pour l'éternité. Il avait quand même fini par ouvrir l'urne et maintenant, les différentes pièces de l'armure étaient étalées sur la table, et il effleurait longuement chacune d'elles de ses longs doigts déliés, les yeux fermés, le visage très concentré. Grâce à ses pouvoirs hérités de ses origines atlantes, il pouvait percevoir toutes les vibrations de l'armure, sentir la vie de celle-ci couler et se répandre dans chaque atome de métal et le souvenir de tous les chevaliers qui l'avaient portée s'en exhaler. Il pouvait également ressentir la présence des guerriers qui l'avaient revêtue en dernier lieu. Dans ce cas précis, c'était Kanon qui, physiquement, en avait été le dernier porteur durant la guerre contre Hadès, mais Mû pouvait également percevoir le puissant cosmos de Saga dont l'âme avait endossé l'armure devant le Mur des Lamentations. Saga... Il pouvait ressentir l'immense fierté recouvrée du gémeau à honorer dignement son armure comme un noble saint d'Athéna, lui qui avait dû porter et supporter cet odieux surplis, imposé ni plus ni moins par le plus féroce ennemi de la déesse, Hadès. Mû pouvait percevoir la puissance du dernier engagement de Saga, son profond repentir et son dévouement absolu en ces derniers instants, mêlé du désespoir et de ses immenses regrets pour tout ce qui s'était passé auparavant sans avoir pu y remédier. Que de douleur se déversait de cette armure... Ce qui rappela à Mû les évènements de cette guerre.... Quand Saga s'était dévoilé devant ses yeux médusés, il n'avait pu le croire. Comme il avait eu mal de voir l'être qu'il admirait le plus au monde après son maître revenir comme un traître. De cette façon... Après avoir vendu son âme en échange d'une nouvelle vie... Précisément à Hadès, le plus grand ennemi d'Athéna... Masque de Mort et Aphrodite... Il devait reconnaître que ça ne l'avait pas surpris plus que ça. En vérité, pour la première fois de sa vie, il s'était emporté à un tel point que finalement, il n'avait même pas cherché à voir au-delà des apparences et il les avait renvoyés illico presto au royaume des morts d'un seul et puissant coup. Tous les deux. Sans discuter davantage. Ensuite, il n'avait pu croire que c'était Camus qui se tenait debout devant lui, lui aussi revêtu d'un surplis, l'irréfutable preuve de la fidélité qu'il avait jurée à Hadès. Le Verseau avait été son ami pendant le peu de temps qu'il avait alors passé au Sanctuaire avant de fuir à Jamir, ils s'étaient mutuellement soutenus et encouragés pendant leurs entraînements ensemble, avec Milo, Aiolia, Shaka et Aldébaran, tous avant d'obtenir leurs armures d'or respectives, et sans le moindre doute possible, le français était la loyauté incarnée. Il avait été grandement surpris de voir également Shura, qu'à vrai dire, il ne connaissait pas plus que cela, puisque celui-ci était déjà chevalier d'or lorsque Mû était arrivé au Sanctuaire, et le Capricorne passait tout son temps avec Ayoros ou avec Masque de Mort à cette époque-là. Mais Shura était le chevalier doté de l'arme accordée par Athéna en personne, Excalibur, en récompense de sa dévotion absolue et de son extrême fidélité envers elle. Mais Saga... Saga ! Non... Ce n'était pas possible ! Cela ne pouvait être, c'était un effroyable cauchemar ! Il avait cligné des yeux plusieurs fois comme si cela avait pu faire disparaître cette hallucination sans nom, le dévisageant avec incrédulité, atterré, espérant se réveiller très vite s'il s'agissait d'un cauchemar. Ca avait été comme un coup de massue asséné sur sa nuque, pratiquement le coup de grâce qui détruisit son coeur après avoir découvert son ancien maître bien-aimé revenu à la vie mais servant l'ennemi. En premier lieu, l'être le plus cher au monde qu'il eut jamais eu, celui qu'il avait considéré comme son père, et ensuite, celui qu'il avait toujours regardé comme un dieu vivant, le chevalier exemplaire que tous admiraient... Et le regard pénétrant de Saga avait été indéchiffrable, sans aucune âme, ne reflétant rien d'autre qu'une immense et froide indifférence et une détermination sans faille. Cependant, ça n'avait pas été Saga qui l'avait assailli en premier, mais Shura, et il avait évité son attaque en se téléportant. Ensuite, Camus l'avait frappé à son tour et quand Mû s'était retrouvé à terre, observant Saga s'approcher de lui, un air terrible sur son visage... Ce fut alors qu'il avait perçu sa douleur. Il les avait vues... Ses larmes de sang. Coulant de chaque côté de son beau visage telles deux rivières en crue. Le coeur de Saga pleurait. Son âme pleurait et criait, à grands cris. En hurlements intenses d'une douleur immense et déchirante. Et pas seulement Saga, mais aussi Camus et Shura. Mais il lui avait semblé que Saga était celui qui hurlait de toute son âme. L'espoir était alors revenu dans son propre coeur. Ses améthystes avaient croisé ces émeraudes qu'il n'aurait jamais pensé revoir un jour. Ce fut alors que son ancien maître l'avait paralysé par psychokinésie pour l'empêcher de s'opposer davantage aux trois renégats, ou plutôt, qu'il découvrît leurs réelles intentions, car des spectres les surveillaient alors, et avant de poursuivre son chemin vers le temple du Taureau, Saga avait été le seul à se retourner pour le regarder quand il les avait appelés en leur demandant d'attendre. Ce regard furtif, si fugace... avait été totalement indéchiffrable. Mais il n'était plus froid et il lui avait semblé que Saga essayait de lui transmettre un message et qu'il se préoccupait même pour lui... Ensuite, bien après, quand Saga lui avait à nouveau fait face, cette fois pour lui tendre le rosaire de Shaka qu'il venait tout juste d'éliminer, il avait vu dans le regard du gémeau une intense douleur et une haine suprême envers lui-même, ainsi qu'une supplication qu'il lui adressait, comme lui demandant pardon pour ce qu'il venait d'accomplir, pour cette nouvelle perte cruelle qu'il venait de lui infliger. Encore une fois. Et quand il avait dû affronter Saga lors de l'Athéna Exclamation quelques instants plus tard, chacun occupant le poste central, le plus puissant dans cette position de la trinité, leurs regards s'étaient à nouveau croisés. Et dans les profonds et limpides yeux verts de Saga, il avait lu un mélange de détermination, de douleur et également, dirigés vers lui, un profond respect, de l'admiration et... de la fierté ? Saga était fier de lui... Très clairement, en ces moments qu'ils avaient cru être les derniers instants de leurs vies, Saga lui avait dévoilé toute l'admiration qu'il lui vouait. Mais ça n'avaient pas été leurs derniers instants. Et lorsqu' Athéna avait demandé qu'ils amènent les trois renégats devant elle, il s'était chargé de Saga. Il avait soigné ses blessures sans même que le gémeau s'en rende compte, ayant perdu quatre de ses sens, hormis la vue. Leurs regards s'étaient à nouveau rencontrés, et dans ces émeraudes si pures et intenses, il avait lu un profond repentir mêlé d'un immense soulagement et d'une infinie reconnaissance pour lui avoir déjà tout pardonné. Et il avait senti comme Saga s'était alors laissé aller dans ses bras ou sur son épaule, totalement abandonné, complètement épuisé après leur affrontement, en toute confiance. Et Mû l'avait encore davantage serré contre lui... Mû revint au présent lorsqu'il toucha une jambière et la sentit vibrer. Pour voyager à nouveau à travers le temps, en retournant à nouveau vers le passé, mais vers un passé plus lointain et bien plus heureux. Un passé où tout n'était que joie et quiétude, plein d'espoir, sans crainte ni préoccupation, insouciant des sombres évènements à venir qui changèrent si dramatiquement leurs existences, quand il n'était encore qu'un enfant. Quand il était arrivé au Sanctuaire pour rencontrer tous ses compagnons sous le soleil brûlant de la Grèce. Avant que les ténèbres ne s'emparent de l'âme de Saga. Il se souvint de la première fois qu'il l'avait vu, tant d'années auparavant, quand il n'avait alors que sept ans... *** Mû avait achevé son entraînement à Jamir avec son maître Shion, et celui-ci lui avait expliqué qu'ils devaient retourner au Sanctuaire, en Grèce, pour qu'il passe son épreuve. Le moment de vérité était arrivé, il devait prouver qu'il méritait l'armure du bélier pour devenir pleinement le chevalier d'or de ce signe. Il était tout à la fois très anxieux et très excité, il avait voué toute son enfance à un entraînement très rude et exigeant ponctué de nombreux sacrifices, et maintenant venait le moment de démontrer qu'il était digne de la confiance que son maître avait placée en lui et de l'armure du bélier à laquelle il aspirait. Mais surtout, il allait enfin rencontrer tous les autres chevaliers d'or, tous ces autres jeunes enfants comme lui dotés de pouvoirs extraordinaires et destinés comme lui à protéger une déesse, à la servir à tout instant et en toutes circonstances quel qu'en soit le prix, jusqu'a sacrifier leur propre vie si cela s'avérait nécessaire pour sauver Athéna et l'Humanité. Il allait rencontrer des enfants comme lui qui comprendraient le chemin qu'il avait choisi et avec qui il pourrait partager sa vie, ses doutes, ses craintes, en qui avoir confiance. Ils seraient ses compagnons d'armes aux côtés desquels il combattrait les forces malveillantes qui menaceraient la vie de la déesse ou la paix sur Terre. Ils seraient ses frères, sa famille. Ainsi, son maître et lui venaient tout juste d'arriver au Sanctuaire. Tandis que Shion rencontrait et réunissait les autres maîtres du domaine sacré, Mû était resté une bonne heure dans le premier temple, sa nouvelle demeure, pour se reposer du voyage et surtout pour que son organisme s'adapte à l'étouffante chaleur de la Grèce, sans parler du drastique changement d'altitude par rapport aux hautes montagnes de son Tibet natal. Et maintenant, il était en train de cheminer le long des sentiers du Sanctuaire sous un soleil de plomb, au côté de son maître, le Grand Pope de ce lieu sacré, en direction des arènes d'entraînement afin de rencontrer ses futurs frères d'armes. Enfin. Il perçut une concentration de cosmoénergies qui semblaient provenir de l'arène centrale et tandis qu'ils s'en approchaient, il distingua dix silhouettes de tailles et de corpulences fort différentes qui se mouvaient. Son maître lui avait parlé de chacun de ses compagnons et il essaya de les reconnaître tous tandis qu'ils continuaient d'avancer vers eux. Son regard fut immédiatement attiré par quatre enfants qui semblaient avoir son âge. L'un d'eux avait les cheveux blonds et était en train de méditer dans la position du lotus, les yeux fermés, un point rouge ornant son front. Ce devait être Shaka, le futur chevalier de la Vierge. Il ne sut pourquoi, mais il se sentit immédiatement attiré par cet enfant dont émanait une aura d'une très grande sérénité. Deux autres enfants à la longue chevelure bleue mais de nuances différentes étaient en train de s'entraîner ensemble. L'un était très fin, son visage et ses gestes élégants dégageaient un grand calme, presque froid, tandis que l'autre était tout feu tout flamme, et déjà musculeux. Ce dernier lançait avec une rapidité surprenante des aiguilles vers son compagnon qui les bloquait sans difficulté, en les gelant. Mû en déduisit que le premier était sûrement celui qui maîtrisait le froid, Camus, le futur chevalier du Verseau, et que son compagnon était probablement l'apprenti du Scorpion, Milo. L'enfant suivant était un garçon aux courts cheveux châtains et aux yeux verts étincelants, vigoureux et nerveux, dont s'occupait sa réplique exacte, mais en plus grand et en plus âgé, aux cheveux plus bruns et de carrure très athlétique. L'aîné était en train d'expliquer quelque chose au plus jeune avec beaucoup de douceur, et la complicité entre les deux était évidente, tandis que leurs gestes trahissaient beaucoup d'affection. Assurément, ces deux-là étaient les frères du Sanctuaire, le futur Lion et le chevalier du Sagittaire, Aiolia et Ayoros. A la droite des deux frères, deux adolescents aux cheveux courts et en bataille s'entraînaient au combat au corps à corps. L'un était brun et paressait plutôt jovial, l'autre avait les cheveux bleus et avait plutôt l'air grognon, et tous les deux avaient la peau brune et étaient déjà très musculeux. A leurs expressions, Mû devina que le brun était sûrement l'espagnol, Shura, le chevalier du Capricorne, et l'autre devait être celui du Cancer, celui dont personne ne connaissait le véritable nom. Derrière eux, un adolescent élancé à la longue chevelure bleu turquoise et aux traits fins et efféminés, faisait apparaître des roses noires du néant et les projetait contre d'énormes rochers que lui lançait son voisin, ce qui les pulvérisait. Impressionné, Mû n'aurait jamais cru que des fleurs aussi délicates pouvaient avoir un impact aussi destructeur. Ainsi, il devait s'agir d'Aphrodite, l'apprenti des Poissons. A côté de l'adolescent, un colosse au visage d'enfant frappait d'énormes rochers encore plus imposants que lui, les détruisant sans effort, ou bien les lançait vers Aphrodite. Incroyablement grand pour son jeune âge, il avait également une force extraordinaire, c'était véritablement une immense montagne de muscles. Ce devait être Aldébaran, l'apprenti du Taureau et son futur voisin au Sanctuaire. Enfin, alors qu'ils étaient maintenant tout près, Mu posa son regard sur celui qui semblait être le plus âgé de cette génération de chevaliers et qui surveillait tout ce petit monde avec attention, se déplaçant parfois parmi eux ou leur lançant des conseils avisés. Grand et majestueux, à la peau bronzée, ce chevalier était d'une beauté extraordinaire. Il avait un port noble, une élégance naturelle et une présence imposante. Il avait la prestance d'un roi. Tout en lui était spectaculaire et la perfection incarnée. Son magnifique visage aux traits à la fois fins et masculins était l'écrin de deux joyaux, deux grandes émeraudes splendides, pures et profondes, qui lui conféraient un regard pénétrant et cependant d'une grande douceur et rayonnaient de bonté et d'intelligence. Sa longue chevelure de couleur bleu cobalt couvrait ses épaules musclées et son dos large en mèches rebelles jusqu'à ses cuisses fuselées. Elle ressemblait à une cascade impétueuse qui scintillait de tout son éclat sous les étincelants rayons du soleil. Son corps était splendide, très athlétique et cependant svelte, il semblait comme taillé au millimètre tel les antiques statues grecques, avec des épaules musclées, des bras puissants, une large poitrine et des jambes interminables. Sa silhouette était sculpturale et harmonieuse, et il se mouvait comme un félin, son pas était sûr, ses mouvements souples, ses gestes précis. Ce chevalier avait un magnétisme incroyable, irradiant à la fois la force et la puissance, la douceur et la bonté. Il avait un charisme naturel extraordinaire qui hypnotisa instantanément Mû, et apparemment tous les apprentis également. Ainsi, c'était lui, le fameux chevalier d'or des Gémeaux, Saga. On aurait dit un dieu. *** POV Saga : Pendant ce temps, Saga avait regagné son temple et se trouvait à nouveau étendu sur son lit, dans la pénombre de sa chambre, les yeux grands ouverts et perdus dans le vague vers un point invisible devant lui. Il ne cessait de penser à lui. A Mû. Son visage et sa silhouette semblaient être gravés sur sa rétine car il ne voyait que lui, même lorsqu'il fermait les yeux. Quel que soit le côté vers lequel il se tournait, quel que soit le point qu'il fixait, il ne voyait rien d'autre que ce beau visage si doux, toujours souriant, et cette silhouette svelte, grande et élancée, aux gestes félins, se mouvant de ce pas léger et souple si caractéristique, et cette longue chevelure mauve ondoyant avec grâce dans le vent... Sa voix mélodieuse résonnait sans cesse dans son esprit. Si douce, si sereine, si agréable, quasi irréelle. L'Atlante était véritablement un être éthéré à tous points de vue, jusqu'à sa voix... Et jusqu'à sa cosmoénergie si suave, flottant en ondes paisibles et apaisantes, semblait l'envelopper partout où le gémeau se trouvait. Vaincu, Saga se laissa aller et se souvint avec tendresse de la première fois qu'il l'avait vu, treize ans auparavant, alors que l'Atlante n'était encore qu'un enfant... *** Lui était déjà un chevalier d'or, comme Ayoros, Shura et Masque de Mort. Etant les plus âgés des chevaliers d'or, lui et Ayoros supervisaient l'entraînement des apprentis quand leurs maîtres n'étaient pas là ou étaient en réunion. Pratiquement tous les apprentis destinés à porter une armure d'or étaient arrivés au Sanctuaire, ils étaient extrêmement jeunes, la majorité d'entre eux était encore des enfants, mais malgré leur jeune âge, ils étaient venus pour passer leur épreuve finale, qui devait déterminer s'ils étaient dignes de porter l'armure d'or pour laquelle ils s'étaient entraînés. Il n'en manquait qu'un, l'apprenti du bélier, et il devait arriver ce jour-là avec le grand Pope. Justement, cet après-midi-là, tous les maîtres avaient été réquisitionnés pour une réunion avec le Pope, et ainsi, Saga et Ayoros étaient en train de surveiller les apprentis d'or, qui effectuaient leurs exercices avec application sous le regard de leurs aînés, seuls ou en duo d'entraînement. Ayoros était en train de parler avec son frère, lui expliquant quelque chose de relatif à sa technique et lui montrant comment la dominer. Ils étaient tous tellement concentrés dans leurs tâches respectives qu'ils ne perçurent une puissante cosmoénergie s'approcher d'eux qu'au dernier moment, et tous se tournèrent vers l'origine de cette puissante aura, découvrant le grand Pope en personne s'approcher d'eux, accompagné d'un enfant aux longs cheveux mauves et à la fine silhouette, qui semblait encore plus frêle au côté de l'imposante figure de Shion, cheminant à son côté d'un pas gracile et léger. Toute affaire cessante, Saga et Ayoros s'avancèrent immédiatement pour saluer le grand Pope. Les nouveaux arrivés restèrent à quelques mètres d'eux, et dans une parfaite synchronisation, comme un seul homme, tous s'agenouillèrent devant le Pope, inclinant respectueusement la tête. Puis ils se relevèrent, attendant ce que le Pope allait leur déclarer. Le grand Pope leur rendit leur salut et prit la parole, d'une voix à la fois majestueuse et impérieuse. – J'espère que votre entraînement se passe bien. D'après ce que m'ont dit vos maîtres, vous avez réalisé d'énormes progrès depuis ma dernière visite, et ainsi, on peut espérer que vous puissiez passer vos épreuves dans quelques mois. Je suis fier de vous et je vous félicite. Je vous présente votre dernier compagnon d'armes de la chevalerie d'or. Il s'agit de mon élève, le futur chevalier d'or du bélier. Il s'appelle Mû et comme tous les chevaliers du bélier, c'est un descendant des Atlantes, ce pour quoi il porte deux points de vie sur le front. Dix paires d'yeux se dirigèrent alors vers ledit élève et comme ses compagnons, Saga l'observa avec curiosité. L'enfant se tenait droit au côté de son maître. Il était mince, vêtu d'étranges habits et semblait très impressionné d'être le centre de tous les regards, contemplant en retour ses nouveaux compagnons avec une curiosité mêlée d'impatience, comme s'il était avide de les connaître tous, enfin. Il avait un visage adorable, aux traits purs et délicats, et une longue chevelure lisse de couleur lavande, très brillante et d'apparence soyeuse. Son visage de porcelaine, d'un ovale parfait, était illuminé par d'immenses et superbes yeux d'une beauté sans égale, deux extraordinaires améthystes d'un violet si profond qu'on pouvait s'y noyer, qui brillaient d'intelligence et de curiosité et qui reflétaient en même temps une exquise douceur. De longs cils ourlés sertissaient ces magnifiques joyaux, augmentant encore plus la profondeur et l'intensité de son regard, tandis que son teint de pêche rehaussait l'éclat de ses améthystes et la beauté de sa chevelure mauve. Il n'avait pas de sourcils, ce qui lui conférait encore plus de douceur, et à leur place, deux petits points rouges ornaient son front. Ces deux points de vie caractéristiques des Atlantes. Il s'avança vers ses nouveaux compagnons pour les saluer d'une voix douce et mélodieuse, et un timide sourire se dessina sur ses lèvres, tandis que ses joues se coloraient d'une teinte légèrement rosée. Il était vraiment adorable. Tout en lui irradiait l'innocence et la douceur : son visage délicat, ses mouvements souples, sa façon de parler, à la fois sûre et tranquille, sa voix douce. Il était la pureté et la douceur incarnées. Ainsi, c'était lui, l'élève de Shion, le futur chevalier d'or du bélier et réparateur des armures, Mû. On aurait dit un ange. *** Détendu, Saga se souvint alors avec amusement du premier jour d'entraînement de tous les apprentis et chevaliers qu'il avait supervisé depuis l'arrivée de Mû... Shaka et Mû s'entraînaient ensemble. Tous les deux paraissaient tellement frêles avec leurs silhouettes fines et leurs visages si délicats, et leur entraînement était davantage basé sur les pouvoirs psychiques que sur la force physique brute et brutale. En les voyant ainsi, aussi fluet l'un que l'autre, le chevalier du cancer sans nom ne put résister, il s'approcha de Shaka et de Mû, et les toisant tous les deux d'un regard empli d'un royal mépris, les bras croisés et bombant le torse, il s'exclama avec un sarcasme non dissimulé : – Ha ha ha ! Quelle belle paire, ils font, ces deux-là !On dirait deux insectes, aussi forts l'un que l'autre... Ils n'arriveraient même pas à faire du mal à une mouche ! Ce serait déjà un miracle qu'ils ne s'envolent pas au premier courant d'air ! Mais au moins, il y en a un qui peut être utile à réparer les armures... Shaka ne répondit rien, gardant les yeux fermés et restant impassible, préférant ignorer dédaigneusement le désagréable italien, habitué à l'humeur moqueuse du crabe, mais Mû leva son regard mauve vers lui et répliqua calmement, de sa voix douce : – La force physique n'est pas la seule chose qui compte pour un chevalier, parfois, ça peut ne pas être suffisant. Tous les deux, nous avons des pouvoirs mentaux, ça peut être encore plus efficace que la simple force musculaire. Je peux te le montrer si tu veux... – Ah oui ? Des pouvoirs mentaux ?... Comme c'est intéressant ! Plus efficace que la force, hein ? J'aimerais bien voir ça... – déclara-t-il sur un ton sarcastique, et sur ce, il s'avança vers Mû de façon presque menaçante. Saga allait intervenir mais Ayoros le retint. Mû ne se démonta pas et répondit calmement : – Et bien, on peut faire des choses comme ça... Il se concentra à peine, tout en regardant le crabe moqueur, et soudain, l'expression de celui-ci changea tandis qu'il ouvrait de grands yeux. Il ne pouvait plus ni avancer ni bouger ses bras ni rien du tout, son corps tout entier était paralysé par une force invisible dont il ne pouvait se libérer. – Tu vois ? Tu ne peux plus bouger, ta force ne te sert à rien. Mon pouvoir mental me permet de stopper toutes tes fonctions motrices. De plus, je peux faire ce que je veux de ton corps... Et avec ça, le chevalier du cancer commença à s'élever dans les airs, sous le regard ahuri de tous. – Je peux faire ce que je veux de mon corps aussi... Et Mû disparut, pour réapparaître presque immédiatement derrière le crabe, qu'il laissa redescendre doucement au sol. – Je peux aussi manipuler des objets par télékinésie pour frapper quelqu'un depuis n'importe quel angle d'attaque... mais j'ai l'habitude de m'entraîner seulement avec des rochers. Et sur ce, deux énormes rochers apparurent du néant et se télescopèrent avec fracas l'un contre l'autre, avec une brutalité et une force inouïes qui contrastaient totalement avec l'apparence frêle et calme de l'Atlante. Se remettant de son baptême de l'air inattendu, le chevalier du cancer fixait l'apprenti du bélier, furieux, ses yeux lançant des éclairs dans sa direction. L'insecte dont il s'était moqué venait de l'humilier, lui, un chevalier d'or, devant tout le monde. Mais il devait reconnaître que d'une part, cet étrange enfant l'avait privé de sa force sans même qu'il ait pu faire quoi que ce soit, et d'autre part, ses pouvoirs mentaux lui permettaient d'atteindre une force impressionnante et insoupçonnée. Tout particulièrement pour un enfant de 7 ans... Ainsi, il lâcha finalement, de mauvaise grâce : – Ce n'est pas mal pour une petite poupée de porcelaine comme toi. Peut-être réussiras-tu à te débrouiller face à un ennemi... Mais ne t'avises pas de refaire ça avec moi, si tu ne veux pas que je te fasse une démonstration de mes pouvoirs. Moi aussi, j'ai des attaques imparables... – Il se trouve que la poupée de porcelaine est un apprenti chevalier d'or et si pour l'instant je ne suis pas aussi grand et aussi fort que toi qui es déjà un chevalier d'or, cela ne te donne pas le droit de m'insulter ni de me menacer, on est censé être frères d'armes – dit Mû de sa voix douce et calme, avant d'ajouter, avec son visage si innocent – de plus, comme tu l'as fait remarquer, je suis chargé de réparer les armures, alors si tu ne veux pas que je transforme la tienne en un résidu de boîte de conserve, ça ne serait pas mal de me montrer un peu de respect... Tous regardèrent le jeune Atlante avec étonnement, interloqués et médusés par sa longue tirade qu'ils n'auraient jamais attendue de lui. Il semblait si calme, si doux et si réservé ! Surpris par la réaction inattendue de l'insecte, le crabe le détailla de la tête aux pieds, puis finalement, il lâcha, avec un sourire à la fois cynique et appréciateur : – Tu me plais, petit, tu as plus de cran qu'il n'y paraît... Tandis que, échangeant un regard entendu, Saga et Ayoros ne purent réprimer un sourire amusé. C'est qu'en dépit de sa douceur et de ses allures tranquilles, le jeune et paisible Atlante à l'apparence frêle ne se laissait pas faire et savait se défendre. Il faut dire qu'il avait des arguments de poids avec ses pouvoirs particuliers qui semblaient très prometteurs. Ce n'était pas pour rien qu'il était le disciple du Pope en personne. Sans parler de l'histoire des armures... *** * Nota : Je remercie Elana qui a eu la très grande gentillesse de me donner la permission d'utiliser certaines de ses idées, dont celle de Mû en train de démontrer ses pouvoirs mentaux au crabe, issues de sa magnifique fic ''Ephémère'' (centrée sur Mu/Myu) que vous pouvez lire icí (cap 1 à 7) ou icí (cap 1 a 11), même si présentées un peu différemment dans ma fic, et que je lui ai traduites. :) *** Continuation de ce chapitre ici Si vous souhaitez laisser un commentaire, c’est ici :
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