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“ÓSMOSIS” by Ariesnomu / Mu Saga 4 ever (traduction mars 2008)
Chapitre 6 : Confession
Saga tenta de se rapprocher de Mû toute la journée pour lui parler, mais il y avait toujours quelque chose ou quelqu'un pour l'en empêcher. C'est qu'il était impossible d'être seul avec le bélier, on aurait dit qu'ils avaient tous décidé de passer leur temps avec le jeune Atlante, d'une manière ou d'une autre.
Quand il n'était pas sur la plage à se baigner avec Masque de Mort, Aphrodite, Shura et Ayoros, il était avec Shaka à méditer, quand il n'était pas avec sa hautaine et arrogante sainteté de réincarnation bouddhiste blondinette, il était à réparer des armures sous le regard avide de son jeune apprenti, quand il n'était pas avec le petit farceur de moustique rouquin, il était à discuter avec le grand Pope et avec Dokho, quand il n'était pas avec les deux vieux croulants momifiés, il jouait aux échecs avec Aldébaran, quand il n'était pas avec l'autre cornu de bête de somme, il se promenait avec Milo, Camus et Kanon, et quand il n'était pas avec le cube de glace ambulant et son insecte venimeux accompagnés de son propre frère, il se trouvait à nouveau avec les deux fruits de mer, la chevrette et l'autre centaure, à dîner ensemble dans la maison du Capricorne avant de regarder un match de football.
Mais c'est qu'il devrait donc expédier tout ce petit monde dans une autre dimension afin de pouvoir passer ne serait-ce que quelques instants avec le bélier ?
Ou bien devrait-il le visiter de nuit pour être sûr d'être seul avec lui ?
Cette seule idée le fit rougir. Mû était tellement pur et si doux, il ne pouvait pas décemment débarquer et se le mettre directement dans son lit comme un sauvage, bien qu'assurément, il le désirât de tout son coeur. Mais non, Mû méritait mieux que ça. Il méritait d'être courtisé avec douceur et sans empressement. Il méritait d'être séduit avec délicatesse et subtilité. (rassurez-vous, c'est quand même la première option qui va arriver...! ;D Faut pas pousser !)
Finalement, après avoir dîné avec ses amis dans le temple du Capricorne, Mû revint seul à son temple, et quand Saga l'entendit traverser la maison des Gémeaux et discuter seul avec Kanon, il décida d'aller le voir ce soir-même. Il devait lui parler.
Il patienta un moment avant de se diriger vers la première maison, pour ne pas donner l'impression qu'il lui courait après, et se retrouva devant l'imposant temple du bélier en moins de temps qu'il l'aurait cru. Aldébaran était resté dans la maison du Capricorne pour regarder le match de football avec Shura et Masque de Mort, et ainsi, il n'avait pas eu besoin de donner d'explication sur son escapade nocturne en traversant le temple du taureau.
Saga enflamma légèrement son cosmos pour annoncer sa présence et attendit que Mû l'accueille. Au lieu de cela, il reçut un message télépathique de l'Atlante l'informant qu'il se trouvait dans la salle de bains et qu'il pouvait passer.
Saga ne put s'empêcher d'imaginer le jeune homme tout à sa toilette, sous la douche, et la vision de son corps si magnifique qu'il avait admiré le matin-même lui revint en mémoire à la vitesse de la lumière. Il imaginait déjà comment l'eau savonneuse caressait ses belles épaules et descendait langoureusement vers son torse splendide , serpentant et se perdant ensuite le long de ses abdominaux parfaits en direction de l'aine et...
Il respira profondément, ce n'était pas bon de fantasmer ainsi. Mû ne méritait-il pas d'être courtisé avec douceur et patience, avec délicatesse et subtilité ?
Il patienta un petit moment à l'extérieur pour calmer ses esprits dans l'air frais de la nuit, puis finalement pénétra dans la première maison.
Quand il entra dans le temple, il rencontra le jeune Atlante alors qu'il sortait de la salle de bain, vêtu d'une tenue d'intérieur, sa longue chevelure mouillée et collée à son dos, épousant et moulant de façon très suggestive sa vertigineuse chute de reins, accentuant encore son exquise cambrure...
Saga en perdit la voix à le découvrir ainsi, fixant ses yeux sur cette vision quasi irréelle qu'il n'attendait pas, comme soudainement plongé dans d'intenses et profondes réflexions philosophiques.
Mû le regardait en attendant poliment que Saga ouvre la bouche, mais comme aucun son ne semblait vouloir en sortir, il lui dit, légèrement amusé :
– Saga, si tu veux traverser le temple, bien sûr que tu en as la permission; tu n'étais pas obligé d'attendre que je sois sorti de la salle de bains.
Ce pour quoi le gémeau sembla soudain sortir de son rêve et recouvrer l'usage de la parole :
– Euhhhh... Non, Mû. En fait, je suis venu pour parler avec toi. Enfin, si cela ne te dérange pas, bien entendu.
Mu le dévisagea avec surprise. Après sa dernière tentative pour lui parler, il ne s'attendait pas à ce que Saga vienne discuter avec lui, et certainement pas à cette heure-là de la nuit.
– Non, bien sûr... Entre, je t'en prie. Je te sers quelque chose ?
– Non, merci.
– Et bien... Assieds-toi – lui offrit-il en signalant les fauteuils du salon – Mets-toi à l'aise. Je me sèche les cheveux rapidement et ensuite, je suis tout à toi – ajouta-t-il avant de disparaître dans la salle de bains.
Saga pouvait sentir les douces effluves du délicieux parfum du jeune Atlante qui s'exhalaient de sa longue chevelure et de sa peau nacrée fraîchement lavée. Il respira profondément pour s'imprégner de cet arôme envivrant et tenta de calmer les battements de son coeur qu'il sentait s'emballer.
C'est qu'il semblait tourner autour de Mû comme un adolescent timide et sans expérience ! Cela ne pouvait être ! Il était un homme expérimenté avec une parfaite maîtrise de soi et de ses émotions. Il devait retrouver sa dignité et son sang-froid, immédiatement.
Quand Mû revint, il s'assit dans le fauteuil en face de Saga et celui-ci lui demanda directement :
– Je te parais si froid, Mû ?
La question si directe le décontenança. Pourquoi lui demandait-il ça ? A cette heure de la nuit...
– Euhhhh... Et bien... Tu parais plutôt... mélancolique – dit-il finalement,, le regard un peu triste et à la fois curieux – Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?
– Parce que j'ai bien peur qu'à cause de mon comportement stupide, je t'aie fait beaucoup de mal.
Mû le regardait sans comprendre ce qu'il voulait dire.
– Je n'ai pas été honnête avec toi quand tu es venu rapporter l'armure des Gémeaux... – Saga continua.
Mu se raidit soudain, croyant que Saga n'acceptait plus les changements qu'il avait opérés sur le casque de l'armure, et il sentit son coeur se serrer comme jamais et un poids s'abattre sur ses épaules. Saga repoussait ce qu'il avait réalisé avec tout son coeur. Pour lui... Pour l'aider à soulager sa conscience, pour qu'il recouvre la foi et l'espérance... Pour qu'il reprenne confiance en lui et retrouve un peu de paix... Tout cela, il le repoussait...
– C'est que j'avais peur, Mû... – Saga poursuivait – J'avais peur de te faire du mal. Tu es tellement gentil, et si pur et si doux... Et je t'ai fait tant de mal déjà par le passé... Je n'ai pas osé te le dire...
Oh, comme cela lui faisait mal... Sa vue et son esprit se voilèrent sous l'intense douleur qu'il sentait le poignarder violemment au plus profond de son coeur... Il n'aurait jamais imaginé combien cela pouvait être douloureux... Mais il essaya de ne pas le montrer.
– Ce n'est pas un problème, Saga – répondit Mû en baissant les yeux pour cacher sa peine – Si tu préfères que j'annule les modifications que j'ai faites sur votre armure, alors, je le ferai demain matin à la première heure – ajouta-t-il en levant finalement ses deux améthystes vers le gémeau, avec un petit sourire forcé que ses yeux malheureux démentaient.
– Euhhhh... Non, Mû... Non... – Saga répliqua en balbutiant, tout confus.
Pourquoi croyait-il qu'il s'agissait de cela ? Au contraire, il lui était si reconnaissant de ces changements sur son armure qui lui avaient permis de panser son âme blessée, de lui redonner l'espoir et un peu de sérénité. Et pourquoi semblait-il si triste, tout d'un coup ? Que...? Oh non, non... Que venait-il de faire ?
– A moins que tu préfères que je le fasse tout de suite, maintenant... – Mû poursuivit, abattu et le coeur prêt à se briser, continuant à malinterpréter les paroles de Saga que les soudains bafouillements de celui-ci n'aidaient pas vraiment à démentir.
Le connaissant, si le gémeau s'était déplacé à cette heure de la nuit, ce n'était pas pour attendre jusqu'au lendemain matin...
– Mais si tu permets, avant, je vais changer de vêtements... – ajouta Mû. Et sur ce, il se leva pour se diriger vers sa chambre, de son pas souple et léger et cependant rapide, très rapide...
– Non, Mû... Attends ! – s'exclama Saga, se levant à son tour.
Mais l'Atlante avait déjà disparu dans sa chambre.
Alors, c'était donc ça, ce que Saga semblait vouloir lui dire quand il le voyait, mais qu'il n'osait prononcer, de crainte de le blesser. Il n'avait donc pas rêvé, ça n'avait pas été le fruit de son imagination. Ces regards intenses et cette impression qu'il désirait lui parler de quelque chose sans oser le faire...
C'est juste qu'il s'était totalement trompé sur la teneur de ce que Saga souhaitait lui déclarer...
Il avait été assez stupide pour croire, pour espérer que peut-être, le gémeau nourrissait de tendres sentiments à son égard, bien plus profonds qu'une simple amitié fraternelle.
Oh, comme il avait mal. Et il avait doublement mal. A cause du rejet de ces changements qu'il avait faits sur l'armure d'or, et à cause du rejet définitif de cette illusoire relation que cependant, à l'encontre de sa raison, son coeur avait continué d'espérer...
Tandis que Saga se tenait debout au beau milieu du salon sans savoir que faire, un peu perdu et déconcerté. Il résista à l'impérieuse nécessité de se lancer à la suite de son bélier. Il n'allait quand même pas le suivre jusque dans sa chambre. Ou si ?
Pour lui dire qu'il ne voulait surtout pas qu'il annule les changements sur son armure ? Pour lui dire qu'il désirait passer la nuit et le reste de sa vie avec lui ?
Avant même qu'il ait pu trouver une réponse à ses questions, Mû réapparaissait, vêtu de son habituelle tenue et de ses sandales, et il avait recouvré toute sa contenance.
– Je suis prêt. Allons dans ton temple, je modifierai le casque directement là-bas – lui dit-il avec un petit sourire forcé et résigné – Je prendrai mes outils en passant devant l'atelier.
– Non, Mû ! Je ne veux pas du tout que tu remodifies l'armure ! – s'écria Saga avec plus de véhémence que nécessaire et bondissant pratiquement pour se planter devant lui, tandis qu'une voix malsaine susurrait dans sa tête sur le ton de la conspiration : ''Oui, oui, allons dans mon temple et dans ma chambre... Ou mieux encore, restons ici dans ta chambre...'' – Je te suis tellement reconnaissant pour tout ce que tu as fait, ne change rien, s'il te plaît... –ajouta-t-il plus calmement.
Cette fois, c'était Mû qui était tout décontenancé. Il ne comprenait plus rien et recula légèrement par réflexe, pour garder ses distances avec le gémeau, tout en le regardant avec stupéfaction.
– Mû, jenetevoispascommeunpetitfrère... – Saga lâcha désespérément, un peu plus rapidement qu'il l'aurait voulu. Par tous les dieux ! Mais pourquoi était-ce si difficile de dire quelque chose d'aussi simple ? Pourquoi n'arrivait-il pas à garder son calme légendaire pour lui déclarer ses sentiments ?
Mû cligna des yeux, interloqué par l'attitude étrange de Saga, achevant de démêler ce que celui-ci venait de déclamer pratiquement à la vitesse de la lumière, et quand enfin il le décrypta, il ne comprenait vraiment pas ce que cela venait faire au milieu de la conversation.
Il allait lui dire maintenant qu'il le voyait comme... un simple forgeron ? Un voisin ? Un collègue ? Il n'y aurait donc même plus ce petit lien de fraternité, cette infime parenté qu'il pouvait espérer en étant considéré comme son petit frère ? Il était venu au milieu de la nuit juste pour lui dire ça ? Qu'il ne lui accordait même plus ce petit lien familial ?
– Non, Mû... Je ne te vois pas comme un frère... – Saga répéta , mais plus calmement cette fois.
Mû dévisagea Saga, l'air un peu ennuyé et embarrassé, en un étrange mélange de confusion, de résignation et de mélancolie.
– Tout va bien, Saga. On est juste des compagnons d'armes... Et si c'est tout ce que tu voulais me dire...
– Non, Mû, attends, s'il te plaît !... Il y a autre chose... J'ai quelque chose à te montrer. C'est à mon tour à présent... Car je te vois comme bien plus... qu'un simple frère.
Et sur ce, il ajouta par télépathie :
– S'il te plaît.. Laisse-moi te montrer quelque chose...
Et Saga fit ce qu'il n'avait jamais fait avec personne d'autre, pas même avec son frère jumeau.
Il abaissa ses barrières mentales, une à une.
Pour le laisser entrer dans son esprit. Pour le laisser entrer dans son âme. Pour le laisser voir ses pensées les plus intimes. Pour lui dévoiler ses sentiments. Pour lui offrir son âme et son coeur. A lui. A Mû.
– Je t'aime, Mû. Je t'aime de tout mon coeur, de toute mon âme, de tout mon être – déclara-t-il à voix haute, légèrement tremblante d'émotion.
Mû crut que le sol s'ouvrait sous ses pieds.
Le temps s'était arrêté. Il ne respirait plus, il ne pouvait même plus bouger. Il restait bouche bée, paralysé, submergé par un vertigineux tourbillon de sensations et d'émotions qui se bousculaient en lui, clignant des yeux à plusieurs reprises comme si cela pouvait l'aider à comprendre ce qui se passait ou à réaliser que c'était bien réel.
Il n'arrivait pas à le croire. Il n'arrivait pas à croire ce qui était en train de se produire, ce qu'il venait tout juste d'entendre. Non, ce devait être un rêve ou le fruit de son imagination, ou une illusion...
– Non, Mû. Ce n'est pas une illusion – fut l'écho suave qui résonna dans son esprit – Je t'aime. Je t'aime de toutes mes forces. Pardonne-moi de t'avoir fait croire que tu n'étais rien de plus qu'un petit frère pour moi. Tu es l'être le plus important de toute ma vie, l'être que j'aime le plus en ce monde. Et pas seulement comme un simple frère. Je t'aime, Mû. Je t'aime tellement...
Saga le contemplait en attendant patiemment, avec une expression d'amour intense et de tendresse infinie qui ne pouvait pas être feinte. Une expression dirigée vers lui. Cet amour tant désiré s'adressait à lui...
Il ne l'avait plus espéré et il sentit son coeur sur le point d'exploser sous l'intensité de l'émotion qui l'envahissait.
Un noeud s'était formé dans sa gorge, qui l'empêchait de parler. Qui l'empêchait de respirer.
Il perdit le sens du temps et de l'espace, tout autour de lui sembla valser et s'évanouir en fumée, et seuls restaient ce magnifique visage si doux qui le regardait amoureusement, et cette haute et imposante silhouette humblement plantée devant lui, qui lui exposait son coeur et son âme comme un livre ouvert. Pour lui.
– Saga... je... Je t'aime... Je t'aime... tellement – finit-il par balbutier enfin.
Profondément ému, des larmes perlant au bord de ses magnifiques yeux mauves et un étrange courant électrique parcourant son corps tout entier, Mû abaissa à son tour toutes ses barrières mentales en regardant Saga dans les yeux.
Chacun sentit alors les dernières barrières mentales de l'autre s'affaisser complètement et tous les deux reçurent de plein fouet la force et la puissance de leurs sentiments.
Ils se contemplèrent alors longuement et fixement sans bouger, le coeur palpitant si fort que chacun crut qu'il allait décoller de sa poitrine, à la fois émus et émerveillés de découvrir combien l'immense amour que chacun vouait à l'autre était partagé, empli de la même intensité et empreint de la même profondeur. Et ce, depuis longtemps.
Saga dut réfréner l'urgence qu'il sentait monter en lui de se jeter sur Mû pour l'embrasser avec fougue et avidité, urgence née du désir intense accumulé et contenu durant tous ces jours passés.
Non, leur premier baiser devait être doux et tendre. Ce devait être une caresse douce et délicate, suave comme les pétales d'une rose, délicate comme les ailes d'un papillon, légère comme une plume, tendre comme la rosée d'un matin de printemps. Rien d'empressé ni d'exigeant ni de sauvage ou affamé. Ils auraient tout le temps pour ça ensuite. Après...
Non, ce tout premier contact entre eux devait être une découverte merveilleuse pleine de promesses, à sentir la douceur incomparable de leurs lèvres qui se touchent avec moelleux, à goûter leur texture divinement satinée, à savourer leur enivrante chaleur, à déguster le miel étourdissant de leur saveur, dans la plus sublime et la plus belle des premières rencontres. Avant d'aller plus loin. Avant de devenir plus passionné. Avant de se dévorer.
Mû était hypnotisé et complètement figé sur place. Rayonnant de bonheur et débordant d'une joie toute contenue, il ne pouvait cependant toujours pas bouger, comme si une puissante force psychokinésique l'immobilisait, sauf qu'il n'y avait là aucun ennemi pour l'attaquer, tout au contraire.
Son coeur continuait de battre à tout rompre et il pouvait à peine respirer, tandis qu'il voyait Saga se rapprocher de lui tout doucement, d'un pas sûr et souple comme un félin, un sourire tendre éclairant son visage.
Il sentit ses jambes sur le point de flancher et dut faire un immense effort pour ne pas s'effondrer sur place.
Saga le regardait à la fois tendrement et d'un air amusé et se rapprocha davantage encore, lentement, comme lui demandant la permission, laissant à Mû la possibilité de s'échapper s'il le voulait. Mais Mû n'avait aucune envie de se sauver, ni de se trouver ailleurs. Ni dans un autre espace, ni dans un autre temps. Ni pour tout l'or du monde ni pour toute la poussière d'étoiles de la terre ou de l'univers.
Ses deux améthystes limpides s'ancrèrent dans les deux profondes émeraudes qui le fixaient et il lui sembla alors tout voir au ralenti, comme dans un rêve. Mais ce n'était point un rêve.
Ce ne fut pas un rêve lorsqu'il sentit une main douce toucher sa joue et la caresser avec suavité tandis que le visage de Saga continuait de se rapprocher du sien. Ce ne fut pas un rêve quand il vit ce magnifique visage se pencher vers ses lèvres frémissantes et qu'il sentit un souffle chaud caresser son visage comme une légère brise d'été, ce ne fut pas un rêve quand il sentit une autre main glisser le long de sa taille et un bras puissant l'entourer pour l'attirer tendrement tout contre un corps ferme et musclé.
Ce ne fut pas un rêve. Mais il ferma les yeux.
Et il sentit.
Il sentit comme des lèvres chaudes et charnues se posèrent délicatement sur les siennes, éveillant d'un seul coup tous ses sens et tous les nerfs de son corps par ce simple toucher. Un contact si doux et si chaud, si délicieusement chaud. Il sursauta sous ce toucher divinement plaisant et ne put réprimer un gémissement, et il gémit davantage encore lorsque ces lèvres exquises se pressèrent plus intensément encore en remuant voluptueusement sur les siennes, augmentant la douce chaleur du moment.
Il eut l'impression de flotter. Il eut l'impression de voler. Il eut l'impression de planer entre les nuages. Il eut l'impression de toucher le ciel.
Et il répondit au baiser. En pressant à son tour sa bouche tout contre les lèvres goûteuses de Saga, se blottissant contre sa poitrine, entourant ses épaules musculeuses de ses deux bras et emmêlant ses longs doigts dans sa chevelure soyeuse. Fermant davantage les yeux pour profiter plus pleinement et plus intensément encore de tous ces contacts si délicieux.
Il sentit Saga sourire tout contre ses lèvres devant sa réaction, puis la main abandonner sa joue pour se glisser doucement vers sa nuque, les doigs souples se mêlant à ses cheveux soyeux et maintenant tendrement son visage levé vers le sien, tandis que le bras puissant qui l'entourait le serrait davantage encore contre le torse ferme du gémeau.
Et il sentit comme la bouche gourmande collée à la sienne attrapa sa lèvre supérieure pour commencer à la suçoter, la mordiller et la déguster, lentement d'abord pour se délecter de sa saveur et de sa douce chaleur, puis très vite avec de plus en plus d'avidité, finissant par la dévorer gloutonnement. Mû fit de même avec la lèvre inférieure de Saga, entrouvrant la bouche pour la prendre, la goûtant, la têtant et la savourant avec intensité, se délectant de cette exquise sensation et de ce goût si enivrant qu'était celui de Saga. C'était délicieux et incroyablement addictif, et il était déjà accro à ces lèvres merveilleuses d'un seul baiser.
C'était tout simplement divin et il pensa que ce ne pouvait devenir meilleur.
Il se trompait.
Tandis qu'ils continuaient de se déguster de plus en plus passionnément, il sentit une langue toute chaude se glisser entre ses lèvres et s'introduire dans sa bouche. Il en gémit de surprise, et souriant tout contre lui, Saga en profita pour approfondir le baiser. La langue friponne envahit alors sa bouche à la recherche de sa jumelle, qu'elle trouva vite, et avec une très grande douceur vint la caresser, tout lentement pour commencer, en savourant son délicieux toucher. Mû frissonna entre les bras de Saga, surpris et tout émotionné par ce contact si intime qu'il n'attendait pas, avant de se sentir défaillir quand, tout à coup, la langue inquisitrice s'enroula étroitement autour de la sienne comme s'il s'agissait de deux serpents et l'entraîna dans une joyeuse sarabande. Il geignit presque plaintivement et s'accrocha désespérément à Saga, submergé par une mer de sensations ardentes, suffocant d'une émotion brûlante et haletant dans sa bouche, et eut bientôt le souffle coupé car il avait oublié de respirer sous le coup de l'émotion.
Saga aussi commença à manquer d'air. Alors, leurs bouches se séparèrent pour respirer, restant à quelques centimètres seulement l'une de l'autre, leurs lèvres encore toute frémissantes du baiser et chacune recevant le souffle enivrant de l'autre, avant de s'embrasser à nouveau avec impétuosité et nécessité, pour avoir été séparées pendant de si brefs instants, se mâchouillant frénétiquement, se dégustant avec avidité, se dévorant avec passion, comme affamées l'une de l'autre, jusqu'à en perdre à nouveau le souffle, tandis que quatre bras puissants étreignaient vigoureusement leurs corps jusqu'à les étouffer.
A nouveau, ils durent se séparer pour reprendre leur souffle mais un peu plus longuement cette fois car ils s'étaient pratiquement asphyxiés, et Mû et Saga se contemplèrent droit dans les yeux, leurs joues empourprées à tous les deux par la passion de leur dernier baiser et se dévorant déjà intensément du regard.
Ils s'embrassèrent à nouveau, mais cette fois plus tendrement et lentement, savourant mutuellement leurs lèvres pendant de longues minutes, puis Saga introduisit nouvellement sa langue dans la bouche de Mû et cette fois-ci, celui-ci ne défaillit pas mais reçut sa visiteuse avec honneur, l'enveloppant de la sienne avec volupté, la caressant avec intensité, l'invitant à faire le tour du propriétaire en explorant tous les recoins de sa cavité dans tous les sens, à y demeurer tant qu'elle le désirait et à y revenir promptement.
Mais la visiteuse eut une autre idée.
Elle l'invita à la suivre dans sa résidence, s'aggrippant à elle avant de se retirer pour l'entraîner avec elle dans son mouvement. Des gémissements étouffés de plaisir accompagnèrement la translation, et cette fois-ci, ce fut Saga qui manqua de défaillir quand il sentit une langue joueuse lui masser intensément le palais et parcourir toute la topographie de l'intérieur de sa bouche jusqu'au fond de sa gorge avec ardeur. Mû sourit contre ses lèvres en sentant son gémeau bien-aimé frémir sous son action osée autant qu'inattendue.
La vengeance de Saga ne se fit pas attendre car immédiatement, le baiser se transforma en une guerre de langues où cependant il n'y eut ni gagnant ni perdant, ni vainqueur ni vaincu, mais seulement deux êtres unis par un amour immense qui désiraient se donner mutuellement et inconditionnellement le plus grand plaisir possible, se donner l'un à l'autre de tout son être, de tout son coeur et de toute son âme.
Ils continuèrent de s'embrasser ainsi pendant de longues minutes, tendrement enlacés, échangeant encore et encore le terrain de jeux de leurs langues taquines entre soupirs et gémissements, jusqu'à ce que finalement, à bout de souffle, ils durent faire une trêve.
Maintenant, leurs joues à tous les deux étaient totalement rougies par la passion, leurs lèvres gonflées par la volupté de leurs baisers ardents, et dans les améthystes scintillantes comme dans les émeraudes éclatantes brillait un feu incandescent reconnaissable entre tous : le désir.
***
Chapitre suivant ''Illuminations'' ici : la première nuit du bélier (romantique et humoristique mais attention : NC-17 par la suite = scènes explicites)
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